Europe
L’Europe veut privilégier ses fournisseurs dans les marchés publics face à la Chine
Bruxelles a présenté une réforme qui change les règles du jeu pour les achats publics. L’objectif est de favoriser les entreprises européennes et…

Bruxelles a présenté une réforme qui change les règles du jeu pour les achats publics. L’objectif est de favoriser les entreprises européennes et d’écarter plus facilement les groupes chinois.
Les marchés publics représentent une manne colossale pour l’économie européenne. Chaque année, les administrations de l’Union dépensent près de 2.000 milliards d’euros pour acheter des fournitures, des services ou des infrastructures. Cela équivaut à environ 15% du PIB de l’Union européenne. Sur cette somme, quelque 600 milliards font l’objet d’une mise en concurrence à l’échelle européenne. À titre de comparaison, cela représente plusieurs fois le budget annuel de l’UE. Pour la Commission, cet argent ne doit plus servir uniquement à acheter au meilleur prix. Il doit devenir un vrai levier industriel, comme le pratiquent déjà les grandes puissances mondiales.
La réforme présentée par l’exécutif européen poursuit d’abord un objectif de simplification. La réglementation actuelle dépasse les 900 pages. Bruxelles veut la réduire à environ 200 pages. Une plateforme unique consacrée aux appels d’offres devrait aussi voir le jour. Mais le changement le plus attendu est ailleurs. Si les États membres et le Parlement européen donnent leur accord, le prix ne pourra plus être le seul critère de sélection. Dans chaque procédure, au moins 30% des critères devront être liés à autre chose que le prix, par exemple à des exigences sociales, environnementales ou de qualité. Cette règle ouvre la porte à une préférence locale ou européenne, sans la rendre obligatoire.
Le volet géopolitique est encore plus net. Les collectivités pourront écarter d’emblée les entreprises issues de pays qui ne laissent pas les sociétés européennes concourir sur leurs propres marchés publics. Ce principe de réciprocité vise la Chine en priorité, alors que les tensions commerciales entre Bruxelles et Pékin restent vives. Concrètement, une ville pourra choisir d’écarter les entreprises chinoises dès le départ d’un appel d’offres pour l’achat de bus.
Le vice-président de la Commission chargé de l’Industrie assume pleinement cette orientation. Si une collectivité choisit des bus européens, elle en aura la capacité. Si elle préfère des bus chinois, ce sera sa décision et non une conséquence des règles européennes.
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