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Le voisin de Loana condamné à 30 ans pour les viols et le meurtre de la fillette

Ce mercredi, la cour d’assises des Ardennes a condamné Jean-Baptiste M. à trente ans de réclusion criminelle. La fillette avait été violée et tuée en 2023…

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Le voisin de Loana condamné à 30 ans pour les viols et le meurtre de la fillette

Ce mercredi, la cour d’assises des Ardennes a condamné Jean-Baptiste M. à trente ans de réclusion criminelle. La fillette avait été violée et tuée en 2023 à Sedan.

Jean-Baptiste M., 60 ans, est resté impassible à l’énoncé du verdict. Les jurés ont assorti sa peine d’une période de sûreté des deux tiers. Autrement dit, il devra purger une très longue partie de sa condamnation avant de pouvoir espérer un aménagement. L’accusation avait requis la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, une peine plus dure encore. La cour n’est pas allée jusque-là.

Dans la salle, les proches de Loana ont laissé échapper leurs larmes. Peggy Creton, la tante de la fillette, s’est dite soulagée. Elle espère que la famille pourra enfin retrouver une vie presque normale. Mais elle l’a dit sans détour, certaines réponses lui manquent encore. L’accusé s’est exprimé très peu pendant le procès. Il a reconnu les faits sans jamais entrer dans les détails.

La mort de Loana remonte au 17 octobre 2023. Ce jour-là, l’enfant de 10 ans ne rentre pas du collège comme prévu. Sa mère signale sa disparition. Le lendemain, le corps de la fillette est retrouvé dans la cave d’un petit immeuble du centre-ville de Sedan. Jean-Baptiste M. habite à l’étage, au-dessus d’un bar désaffecté. Un témoin l’a vu avec Loana. Il est interpellé rapidement. L’enfant connaissait bien cet homme, un voisin chez qui elle se rendait régulièrement.

Les auditions ont décrit une scène insoutenable. Du sang, des chouchous et des perles d’un collier formaient un chemin entre la pièce où Loana a été tuée et la cave où son corps a été déposé sur des palettes, entouré de draps ensanglantés. Les constatations ont révélé des traces de strangulation, des hématomes sur le visage et douze plaies provoquées par une quille en bois. La boîte crânienne avait été fracassée. L’accusation a également évoqué des viols commis après la mort de l’enfant. Pour l’avocate générale, les remords affichés par Jean-Baptiste M. relevaient plus de la honte que d’une vraie culpabilité.

La défense a, de son côté, tenté de faire entendre autre chose. Son avocate a rappelé que Jean-Baptiste M. ne présentait pas le profil d’un pédophile. Elle a surtout insisté sur sa trajectoire cabossée. Dixième d’une famille de douze enfants, il a grandi dans une roulotte, avec des parents violents et une mère alcoolique. Son père est mort quand il avait 13 ans. Peu scolarisé, il est resté illettré. Dans les mois précédant les faits, il avait fait plusieurs tentatives de suicide. Sa vie avait basculé après une séparation en 2014.

Après le verdict, l’avocat de l’association Innocence en danger a jugé la peine juste et la période de sûreté rassurante. Selon lui, tout laisse penser que Jean-Baptiste M. finira sa vie derrière les barreaux. L’avocate de la défense, elle, a parlé d’une décision équilibrée. Elle ne pense pas que son client fera appel. Pour la famille de Loana, reste désormais le plus difficile, apprendre à vivre après l’irréparable.

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