Planète
Un pan de montagne s’est arraché au Népal et a tout balayé sur vingt kilomètres
Le 26 août, une énorme portion du Langtang Lirung s’est effondrée dans l’Himalaya et a déclenché une coulée qui a frappé le Népal et la Chine. Des…


Le 26 août, une énorme portion du Langtang Lirung s’est effondrée dans l’Himalaya et a déclenché une coulée qui a frappé le Népal et la Chine. Des chercheurs ont reconstitué la séquence et expliquent ce qui reste à comprendre.
Ce jour-là, un bloc de glace et de roche s’est détaché à plus de 5 000 mètres d’altitude, sur la face nord du mont Langtang Lirung. Le pan mesurait plus d’un kilomètre de large. En tombant d’environ 800 mètres sur un glacier, il a bloqué un instant la rivière Lhende. Puis tout a cédé. L’eau, la glace et les débris se sont engouffrés dans la vallée sur une pente extrêmement raide, avec la violence d’un train lancé à pleine vitesse. En sept minutes, le flot a parcouru vingt kilomètres. Les premières estimations évaluent à 142 millions de mètres cubes le volume parti en avalanche.
Pourquoi cette portion de montagne a-t-elle cédé ? Les relevés montrent que le glacier au pied de la paroi a reculé de 450 mètres entre 1990 et 2020. La roche qu’il protégeait se retrouve donc exposée aux variations de température, à l’humidité et à la pluie. La disparition du permafrost, cette couche de sol normalement gelée en permanence, a pu élargir les fissures. L’eau qui s’y infiltre ajoute une pression supplémentaire. Mais rien dans les données ne signale une pluie exceptionnelle, un séisme ou une canicule juste avant la rupture. Pour les chercheurs, une certitude demandera un travail sur le terrain. Ils s’interrogent aussi sur les séquelles du tremblement de terre de 2015, qui a pu fragiliser discrètement ce pan de montagne.
Le changement climatique a-t-il joué un rôle ? Probablement, mais il n’est pas seul en cause. Dans l’Himalaya, les glaciers fondent deux fois plus vite que la moyenne mondiale depuis le début du siècle. Leur recul met au jour des roches qui n’ont plus l’habitude des variations de température et des précipitations. Avec le dégel du permafrost, l’eau s’enfonce plus profondément dans la pierre et la fragilise. Toutefois, ces mouvements peuvent aussi venir de la tectonique, un phénomène naturel bien antérieur au réchauffement. La tendance globale ne fait guère de doute, le climat rend ces événements plus fréquents et plus probables.
Peut-on éviter le prochain épisode ? Les chercheurs espèrent que l’analyse de cette catastrophe aidera à construire des outils d’alerte. Certains signes comme l’accélération d’un glacier ou un excès d’eau de fonte pourraient un jour révéler un danger imminent. Mais aucun n’aurait permis de déclencher l’alerte avant le 26 août. La zone compte trop de sommets pour être surveillée pierre par pierre. Il faudrait donc un système permanent de surveillance des glaciers et des rivières, appuyé sur un partage d’informations entre pays voisins. Une réponse tardive ne suffit pas. Ce qui manque, c’est une veille continue, pas seulement une intervention au moment du drame.
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