Faits Divers
La justice colombienne met en pause des bombardements après la mort de trois adolescents
Un tribunal de l’Amazonie impose à l’armée de stopper ses frappes dès qu’un mineur risque de se trouver sur zone. Trois jeunes de 15 et 16 ans ont été…


Un tribunal de l’Amazonie impose à l’armée de stopper ses frappes dès qu’un mineur risque de se trouver sur zone. Trois jeunes de 15 et 16 ans ont été tués lors d’un raid récent contre une dissidence des Farc.
La décision bouscule la stratégie du nouveau gouvernement. Un juge de San José del Guaviare a ordonné la suspension temporaire des bombardements contre les groupes armés dans le département amazonien du Guaviare. Cette mesure s’applique chaque fois que des renseignements laissent penser que des enfants ou des adolescents pourraient se trouver sur place. Elle reste en vigueur tant qu’un recours déposé contre l’État et l’armée n’a pas été examiné. Le recours dénonce une atteinte aux droits fondamentaux des mineurs.
Tout est parti de deux raids meurtriers. Ces opérations aériennes ont été lancées sur ordre d’Abelardo de la Espriella, un président de droite arrivé au pouvoir il y a à peine un mois. Le bilan provisoire fait état d’au moins 33 morts parmi les membres d’une dissidence des anciennes Farc. Puis les premiers éléments médico-légaux ont révélé le pire. Trois adolescents âgés de 15 à 16 ans figuraient parmi les victimes du premier bombardement. Pour le second raid, on ignore encore si des mineurs sont morts.
Le président ne compte pas changer sa ligne pour autant. Il défend une politique très dure contre les groupes liés au narcotrafic, avec des frappes létales et des extraditions vers les États-Unis. Pour lui, ces opérations visent des bandits qui enrôlent des enfants depuis des décennies, afin d’en faire des combattants ou des boucliers humains. Le ministère de la Défense assure que les frappes respectent toutes les normes légales.
Mais le terrain raconte une autre histoire. L’enrôlement des mineurs dans les organisations criminelles n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Human Rights Watch en a compté 1 500 depuis 2021, à partir de chiffres officiels. Ce phénomène ne date pas d’hier. Des enfants avaient déjà perdu la vie dans des bombardements sous Gustavo Petro et sous Ivan Duque, ce que des associations de défense des droits humains avaient dénoncé.
Aujourd’hui, c’est le nouveau pouvoir qui se retrouve sous le feu des critiques. En pleine controverse, le président a publié une vidéo de lui marchant au milieu d’une vingtaine de corps recouverts de draps blancs après l’un de ces raids. Une image très mal reçue, qui alourdit encore la pression sur une stratégie déjà contestée devant les tribunaux.
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