Politique
« Je voterai très à droite » les électeurs de Bruno Retailleau le somment de rester candidat
À la foire de Châlons, le candidat LR a entendu le même message de la part de ses soutiens. S’il s’arrête, ils iront vers Marine Le Pen.


À la foire de Châlons, le candidat LR a entendu le même message de la part de ses soutiens. S’il s’arrête, ils iront vers Marine Le Pen.
Pour ouvrir sa rentrée politique, Bruno Retailleau a posé ses pas à la Foire de Châlons-en-Champagne. Le patron des Républicains y a déroulé son discours favori sur la France du travail, cette France qui, à ses yeux, tient le pays à bout de bras. Elle serait étouffée par les règlements et démoralisée, pendant que les aides versées sans contrepartie seraient trop souvent privilégiées. Il a aussi joué la carte de ses origines, en se présentant comme un rural, aux côtés de l’eurodéputée Céline Imart, elle-même agricultrice.
Dans les allées, les électeurs croisés lui ont tous tenu le même langage. Jean-François, encarté au RPR depuis 1981, peu après l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, ne mâche pas ses mots. Si Bruno Retailleau ne va pas jusqu’au bout, il votera « très à droite ». Il écarte d’emblée l’hypothèse Édouard Philippe ou Gabriel Attal, ces personnalités qui, selon lui, ont « braconné » l’électorat LR. Rémi et Étienne, deux exposants, ne disent pas autre chose. Défendre le bilan du macronisme leur paraît impossible. Si le candidat LR renonçait, leur voix partirait vers Marine Le Pen. « Soit c’est la droite, soit c’est très à droite », résume l’un d’eux.
Nadine, elle, n’en revient pas. Elle vient de terminer son déjeuner quand elle aperçoit son favori. Elle se précipite pour prendre un selfie. Sa position est tout aussi nette. « S’il se retire, ce sera Le Pen », assure-t-elle. Des paroles qui ne déstabilisent pas Bruno Retailleau. Bien au contraire, il s’en dit conforté. Pour lui, ceux qui le soutiennent veulent autre chose que « la saison 3 du macronisme ». Et il refuse de croire que son retrait ferait le jeu des candidats du centre. Céline Imart, qui arpente les campagnes, entend les mêmes discours. Personne ne lui confie son intention de voter Édouard Philippe, dit-elle.
La montagne reste pourtant haute. À huit mois de l’élection présidentielle, prévue les 18 avril et 2 mai, Bruno Retailleau stagne entre 6 et 12 % dans les enquêtes. Son entourage assume la pression. Le « money time » est arrivé, et la concurrence fait rage dans le camp de la droite et du centre. Édouard Philippe part favori pour rejoindre le second tour, un privilège que Bruno Retailleau veut remettre en cause. Il est décrit comme le « troisième homme » d’un match à trois, une position délicate. Plusieurs voix réclament une primaire, qu’il dit prêt à affronter. Xavier Bertrand a confirmé son intention de se lancer dans la course. La réponse du patron des Républicains est tombée. S’il entre en lice, il devra quitter le parti.
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