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À la Fed, l’heure n’est plus aux baisses de taux mais à la lutte contre l’inflation

Kevin Warsh a utilisé son premier grand discours pour envoyer un signal inattendu. La banque centrale américaine pourrait relever ses taux, au grand dam…

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À la Fed, l’heure n’est plus aux baisses de taux mais à la lutte contre l’inflation

Kevin Warsh a utilisé son premier grand discours pour envoyer un signal inattendu. La banque centrale américaine pourrait relever ses taux, au grand dam des investisseurs.

C’était le discours que toute la planète finance attendait. Kevin Warsh, le nouveau président de la Réserve fédérale, s’est exprimé pour la première fois à Jackson Hole, le rendez-vous estival des banquiers centraux. Depuis son arrivée en mai, il s’était fait discret, distillant ses propos au compte-gouttes. Il a répété qu’il n’avait jamais aimé commenter la trajectoire future des taux d’intérêt. Mais son message, lui, était limpide. La priorité absolue s’appelle désormais l’inflation, et les prix qui repartent à la hausse.

Le contexte a visiblement changé la donne. Les tensions au Moyen-Orient ont relancé les cours de l’énergie, et l’inflation mesure encore 3,7% sur un an en juillet. L’objectif de la Fed reste fixé à 2%, un niveau perdu de vue depuis plus de cinq ans. Kevin Warsh a qualifié cette situation de préoccupante. Il a aussi jugé que l’économie américaine allait bien, et que le marché de l’emploi tenait le coup. « Dans l’ensemble, je serais difficilement en mesure de décrire les conditions financières comme restrictives », a-t-il lancé. Du travail reste à faire, selon lui, si l’inflation sous-jacente ne ralentit pas clairement et assez vite.

Du côté des marchés, le ton a suffi. Les investisseurs pariaient majoritairement sur un statu quo en septembre. Après le discours, ils sont désormais plus nombreux à anticiper une hausse des taux, un geste que la Fed n’a plus posé depuis l’été 2023. Les taux eux-mêmes n’ont pas bougé depuis décembre 2025, avec une fourchette de 3,50% à 3,75%. Pourtant, trois des douze votants de la dernière réunion réclamaient déjà un tour de vis. Ils n’ont pas obtenu gain de cause, mais leur position pourrait bien inspirer les prochaines décisions.

Il y a aussi un contexte politique à ne pas oublier. Kevin Warsh a été installé à ce poste par Donald Trump, qui espérait une politique accommodante pour doper la croissance. Le milliardaire avait multiplié les attaques contre son prédécesseur Jerome Powell, en défenseur farouche de l’indépendance de la banque centrale. Warsh, lui, n’a pas abordé ce sujet. Pour Heather Long, économiste chez Navy Federal Credit Union, « Kevin Warsh a ouvert la porte à une hausse des taux de la Fed. Cela n’interviendra probablement pas en septembre, mais en octobre ou décembre. »

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