Faits Divers
Trois familles attaquent personnellement Anne Hidalgo et Patrick Bloche
Des plaintes pour non-assistance à personne en danger visent l’ex-maire de Paris et son ancien premier adjoint. Elles dénoncent un silence prolongé sur…


Des plaintes pour non-assistance à personne en danger visent l’ex-maire de Paris et son ancien premier adjoint. Elles dénoncent un silence prolongé sur des violences sexuelles commises pendant les temps périscolaires.
La pression judiciaire s’intensifie sur l’ancienne équipe municipale de Paris. Cette fois, ce ne sont plus seulement les services ou l’institution qui sont dans le viseur, mais Anne Hidalgo et Patrick Bloche en personne. Trois familles d’enfants victimes d’agressions sexuelles ont déposé, fin août, des plaintes pour non-assistance à personne en danger directement contre l’ex-maire et son ancien premier adjoint. Leur avocate, Me Lise-Honorine Bornes, affirme que les deux élus avaient une pleine conscience de la gravité de la situation. L’avocat d’Anne Hidalgo, Me Patrick Klugman, n’a pas souhaité réagir.
Ces plaintes s’ajoutent à celles déjà déposées entre mars et mai par les mêmes familles, mais cette fois elles visent personnellement les responsables politiques. Les faits se sont déroulés à l’école Saint-Dominique, dans le VIIe arrondissement, pendant les activités périscolaires. Deux animateurs ont été mis en examen en mai pour des faits à caractère sexuel et écroués. L’information judiciaire porte sur une vingtaine d’enfants. Dans les plaintes des trois familles, les violences auraient eu lieu entre septembre 2022 et janvier 2026, avec des périodes différentes selon les enfants.
Le dossier s’appuie sur des alertes répétées. En avril 2015, un élu avait interpellé Anne Hidalgo lors du Conseil de Paris en évoquant des enfants abusés sexuellement pendant le périscolaire. En novembre 2025, une autre élue avait signalé une explosion des signalements. À chaque fois, la maire serait restée silencieuse et aurait refusé de recevoir les familles. Dès décembre 2021, le collectif SOS Périscolaire avait écrit à Patrick Bloche pour dénoncer des maltraitances. Aux yeux des plaignants, tout cela montre une connaissance claire d’un péril grave et imminent, et pourtant une organisation délibérée de l’omerta.
SOS Périscolaire a réagi en soutenant les parents et en rappelant que les municipalités doivent respecter leurs obligations légales. Anne Hidalgo, elle, a reconnu une part de responsabilité en février dernier, mais refuse l’accusation d’inaction totale depuis 2015. Elle avait nommé Dominique Versini défenseure des enfants de la ville en décembre, avant qu’Emmanuel Grégoire, le nouveau maire, ne mette fin à cette fonction et ne lance un plan de 20 millions d’euros pour le périscolaire. Depuis janvier, 132 animateurs ont été suspendus à Paris, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Des élus de droite, du centre et de La France insoumise ont aussi saisi la procureure pour engager la responsabilité de la ville.
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