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Mayotte ne veut plus attendre pour se relever

La visite du Premier ministre sur l’archipel devait donner un coup d’accélérateur à la reconstruction. Entre promesses, colères et enjeux électoraux, le…

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Mayotte ne veut plus attendre pour se relever

La visite du Premier ministre sur l’archipel devait donner un coup d’accélérateur à la reconstruction. Entre promesses, colères et enjeux électoraux, le terrain reste miné

À Mayotte, le temps presse. Des mois après le passage dévastateur du cyclone Chido, Sébastien Lecornu a choisi d’envoyer un message clair lors de son déplacement. Il faut agir vite et éviter de discuter en rond, a-t-il lancé depuis une salle de sport flambant neuve à Mamoudzou, aux côtés du maire Ambdilwahedou Soumaïla. L’objectif est simple. Que les équipements sortent enfin de terre et que les habitants retrouvent des conditions de vie normales.

Le constat est amer. La loi de programmation votée en août 2025 n’a toujours pas produit tous ses effets. Beaucoup de projets restent bloqués ou avancent au ralenti, ce qui nourrit un sentiment d’abandon dans l’archipel. Pour briser cette spirale, le gouvernement promet de verser davantage d’avances financières aux collectivités, avec une part qui passerait de 30 à 60%. Il propose aussi d’associer plus étroitement les maires à la gouvernance et de renforcer l’équipe de la préfecture. En échange, les élus locaux sont appelés à délivrer les permis de construire plus rapidement. Autre piste évoquée, standardiser les bâtiments publics pour aller plus vite, par exemple en s’appuyant sur un modèle unique de collège.

Mais le climat politique complique la partie. Sur un territoire où Marine Le Pen a recueilli 59% des suffrages au second tour de la présidentielle 2022, les candidats commencent à arpenter le terrain. Édouard Philippe l’a fait la semaine dernière. Sébastien Lecornu, lui, se défend de faire campagne et se présente comme la tête d’un gouvernement de mission. Une formule qui n’a pas apaisé les esprits. Un petit cortège de manifestants réclamant des hausses de salaires a été dispersé mercredi, et un syndicaliste a été placé en garde à vue. La députée Estelle Youssouffa a vertement critiqué une visite médiatique, dénoncé un gouvernement venu les mains vides et annoncé son intention de voter la censure. Les échanges avec la ministre de la Santé Stéphanie Rist ont également été tendus autour du logement des soignants, souvent confrontés à l’insécurité sur leurs trajets.

L’immigration irrégulière reste l’autre dossier sensible. Le gouvernement veut durcir le ton avec des drones, des ballons captifs et davantage de navires intercepteurs pour surveiller les approches. Cette approche militaire ne fait pas l’unanimité. La cheffe des députés insoumis a dénoncé une volonté de jeter des gens à la mer, une accusation rejetée fermement par le Premier ministre. En parallèle, la France conditionnera son aide publique au développement des Comores, du Burundi, de la Tanzanie, de la République démocratique du Congo, du Rwanda, de la Somalie et du Kenya à une meilleure coopération contre les passeurs et au retour de leurs ressortissants en situation irrégulière. Sur l’eau, autre sujet très concret pour les familles mahoraises, un plafonnement du prix des bouteilles a aussi été annoncé.

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