Planète
Un glacier s’effondre et une crue emporte 165 vies dans l’Himalaya
Une crue soudaine a fait 165 morts et des centaines de disparus à la frontière entre Népal et Tibet. Les experts suspectent un effondrement glaciaire, un…


Une crue soudaine a fait 165 morts et des centaines de disparus à la frontière entre Népal et Tibet. Les experts suspectent un effondrement glaciaire, un phénomène que le réchauffement pourrait amplifier.
Mercredi, une déferlante de boue et de cailloux a tout balayé sur son passage dans une vallée himalayenne, à cheval entre le Népal et la Chine. Le bilan est lourd, au moins 165 morts, et des centaines de personnes restent portées disparues. La topographie extrême de la région, avec ses pentes raides et ses gorges étroites, a transformé la coulée en piège mortel.
Très vite, l’origine de la catastrophe a fait débat. Les sismologues américains ont d’abord cru à un tremblement de terre de magnitude 4,4, puis 5,2. Ils ont finalement revu leur copie. L’événement sismique détecté était en réalité un effondrement de glacier, suivi d’une avalanche de débris. Le Népal avait envisagé un séisme provoquant un glissement de terrain qui aurait bouché le lit d’une rivière, mais le Centre international pour le développement intégré de la montagne penche pour une autre hypothèse. Une avalanche de roches et de glace aurait bloqué la rivière Lhende, créant un barrage naturel avant de céder brutalement.
Ce qui frappe les spécialistes, c’est l’absence totale de pluie avant le drame. Les systèmes d’alerte aux inondations reposent souvent sur les précipitations. Là, ils ont été pris de court. Quand un tel flot arrive, il est presque impossible d’y échapper. Courir ne sert à rien, prendre son véhicule non plus, cette masse visqueuse avance trop vite et trop lourdement. Un hydrologue la compare à du béton liquide. Le seul salut serait de gagner une colline d’au moins six mètres de haut. Pour améliorer la vigilance, l’installation de capteurs de niveau d’eau dans les rivières pourrait offrir un délai de vingt à trente minutes. Une marge mince mais précieuse.
Dans ces environnements montagneux, les rivières sont souvent étroites. Un simple éboulement peut les obstruer, l’eau s’accumule puis tout cède d’un coup. Les chercheurs redoutent d’ailleurs une deuxième vague. Un nouveau bouchon se forme en aval et pourrait relâcher les eaux retenues. Le Népal connaît bien ce genre de phénomène, appelé GLOF, pour désigner la vidange brutale d’un lac glaciaire. Une catastrophe comparable avait déjà frappé en juillet 2025, lorsqu’un lac du côté chinois avait débordé vers le district népalais de Rasuwa.
Reste la question du climat. Les tendances sont claires, les glaciers himalayens reculent, les vagues de chaleur s’intensifient et le permafrost fond, ce qui déstabilise les pentes. Tous ces facteurs favorisent les crues soudaines. Mais pour affirmer que le réchauffement est directement responsable de cette crue précise, il faudra le travail des climatologues avec des modèles comparant la probabilité de l’événement aujourd’hui et avant l’ère industrielle. La science prendra du temps, alors que les recherches de disparus continuent.
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