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4,3 millions de voitures électriques rappelées en Chine pour des poignées dangereuses

Les constructeurs doivent poser des étiquettes et prévoir des ouvertures d’urgence accessibles. Pékin impose sa loi à toute l’industrie automobile, et ça…

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4,3 millions de voitures électriques rappelées en Chine pour des poignées dangereuses

Les constructeurs doivent poser des étiquettes et prévoir des ouvertures d’urgence accessibles. Pékin impose sa loi à toute l’industrie automobile, et ça change la donne à l’échelle mondiale.

C’est un rappel d’une ampleur inédite sur le premier marché automobile mondial. Neuf constructeurs, dont Tesla, Xiaomi et Leapmotor, ont annoncé le rappel de 4,3 millions de véhicules électriques. Le motif est simple mais vital. Les boutons mécaniques censés permettre d’ouvrir les portières de l’intérieur en cas d’urgence sont trop difficiles à repérer. Une question de vie ou de mort quand une voiture prend feu après un accident.

Ce n’est pas un hasard si cette décision arrive maintenant. En octobre dernier, les médias d’État chinois ont rapporté la mort d’un conducteur de Xiaomi SU7, resté prisonnier de sa berline en flammes après une collision. Des passants n’avaient pas réussi à ouvrir les portières. Aux États-Unis, des plaintes accusent aussi le design des poignées Tesla d’avoir provoqué des blessures et des décès. Face à ces drames, la Chine a décidé de frapper fort. En février, elle a déjà annoncé l’interdiction des poignées électriques extérieures sans mécanisme manuel pour les nouveaux modèles à partir de 2027. Une mesure qui vise directement un style popularisé par Tesla et copié par de nombreux constructeurs.

Ce rappel n’est qu’une première étape. Les constructeurs concernés doivent placer des étiquettes bien visibles dans l’habitacle pour indiquer l’emplacement de la poignée d’ouverture. Ils doivent aussi déployer des mises à jour à distance pour que les vitres latérales s’ouvrent automatiquement en cas d’urgence. Mais au-delà de ces correctifs, c’est toute la stratégie réglementaire de la Chine qui se révèle. Pendant des années, les constructeurs chinois ont lancé des fonctionnalités à toute vitesse, en privilégiant l’esthétique et le confort à bord. Désormais, les régulateurs changent de cap et poussent l’industrie vers une phase de sécurité plus affirmée.

La Chine ne se contente pas de règles nationales. Elle s’impose aussi dans les instances de normalisation internationales. Selon l’organisme français AFNOR, Pékin est passé de zéro secrétariat technique à l’ISO en 2004 à 90 en 2025. Une progression fulgurante qui la place au deuxième rang mondial, à égalité avec les États-Unis et derrière l’Allemagne. Un expert souligne que la Chine envoie parfois dix fois plus de délégués que d’autres pays aux réunions techniques. Résultat, elle pèse de plus en plus lourd dans l’élaboration des normes mondiales.

Pendant ce temps, les États-Unis et l’Europe traînent les pieds. La NHTSA, l’agence américaine de sécurité routière, a renvoyé en juillet une pétition sur les Tesla Model 3 vers un processus réglementaire en cours. Aucune décision concrète n’a été prise. Aux États-Unis, il a fallu plus de dix ans pour imposer les avertisseurs de non-bouclage de ceinture arrière. Un contraste saisissant avec la Chine, qui avance vite et fort. Cette pression pourrait bien forcer Tesla à revoir le design minimaliste de ses portières à l’échelle mondiale. Parce que le marché chinois est trop important pour s’offrir le luxe d’une version spéciale.

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