Faits Divers
Le pare-feu sauvage du Cap-Ferret devant la justice
Pendant que les flammes ravageaient la Gironde, un homme d’affaires a ouvert une trouée dans la forêt sans attendre l’autorisation. L’association…


Pendant que les flammes ravageaient la Gironde, un homme d’affaires a ouvert une trouée dans la forêt sans attendre l’autorisation. L’association anti-corruption AC!! veut savoir qui a laissé faire et pourquoi.
L’association anti-corruption AC!! a porté plainte contre X. Elle demande une enquête sur ce pare-feu installé un peu vite, en plein mégafeu de Gironde, sur la presqu’île du Cap-Ferret. Le chantier a d’abord tourné sans feu vert administratif avant de recevoir une autorisation après coup. AC!! veut comprendre comment c’est devenu possible.
Tout commence le 23 juillet, au lendemain du départ de l’incendie à Saumos. Les flammes foncent vers le bourg de Lège et la presqu’île. Des dizaines de milliers de personnes sont évacuées. C’est là que Benoît Bartherotte, président de l’association de défense de la pointe du Cap-Ferret et propriétaire d’un terrain de quatre hectares, décide d’agir. Il fait abattre des pins sur plusieurs centaines de mètres de large pour couper la route au feu. L’homme d’affaires de 79 ans assume. Il dit avoir joué de ses réseaux, jusqu’à Brigitte Macron, pour obtenir un feu vert a posteriori.
Mais tout n’est pas si simple. Dans sa plainte, AC!! rappelle que le chantier a démarré sans autorisation, sur des parcelles appartenant pour partie à la mairie et pour partie à l’Office national des forêts. La mairie a suspendu les travaux le 26 juillet, avant de les laisser reprendre deux jours plus tard, après des discussions avec les autorités. L’association réclame une enquête sur d’éventuelles infractions environnementales et forestières. Elle veut aussi savoir quelles personnes publiques ont permis ou facilité cette reprise, et dans quelles conditions.
Sur place, la colère ne faiblit pas. Jean-Pierre Steiner, ancien commissaire de police et membre d’AC!!, décrit un homme « avec un culot monstre ». Selon lui, Benoît Bartherotte a d’abord protégé sa propriété, pas la nature. Il aurait contourné les règles, puis « tordu le bras » des autorités pour faire valider un ouvrage construit sans aucune coordination en amont.
Pendant ce temps, un deuxième pare-feu, bien plus grand, a été réalisé dans les règles à l’entrée de la presqu’île. Au total, les autorités ont organisé la création de 127 kilomètres de coupures pour stopper les flammes dans le département. Benoît Bartherotte, lui, n’est pas un inconnu pour la justice. Installé au Cap-Ferret depuis les années 1980, il s’est déjà opposé aux autorités pendant des décennies à propos d’une digue contre l’érosion.
Interrogé, l’homme d’affaires ne conteste pas avoir agi sans autorisation initiale. Il dit avoir remplacé une « carence de la force publique ». Il assure que son chantier a été mené vite, sans rien coûter au contribuable. Et il trouve logique que des interventions aient accéléré la réponse de l’État. La justice devra trancher si l’urgence autorisait tout.
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