Politique
Christine Lavarde, la patronne du budget que les ministres apprennent à craindre
À 41 ans, Christine Lavarde devient rapporteure générale du budget au Sénat, un poste stratégique qui la propulse au cœur des enjeux financiers du pays.…


À 41 ans, Christine Lavarde devient rapporteure générale du budget au Sénat, un poste stratégique qui la propulse au cœur des enjeux financiers du pays. Cette ancienne triathlète, réputée pour sa rigueur, s’annonce comme une interlocutrice coriace pour le gouvernement.
Le Sénat tient sa nouvelle patronne du budget. Christine Lavarde, 41 ans, vient d’être nommée rapporteure générale, une fonction qui la place au premier rang de l’examen du projet de loi de finances à la chambre haute. Deux tiers des voix de son groupe Les Républicains ont validé ce choix, un résultat qui a marqué les esprits. Elle était pourtant opposée à un sénateur venu du monde rural, un profil très prisé au sein de cette assemblée volontiers présentée comme celle des territoires. Neuf années passées à la commission des Finances lui ont taillé une solide réputation. À son arrivée, les femmes de droite n’y étaient pas légion. Elle pilotait jusqu’ici le budget pour le compte de son groupe.
Cette ancienne triathlète de bon niveau, capable de boucler un semi-marathon en moins d’une heure et demie, aborde cette mission comme une nouvelle épreuve d’endurance. Sa promotion ne surprend personne. Ingénieure des Ponts, passée par la Commission de régulation de l’énergie, elle a construit son parcours sur une rigueur qui impressionne. Jean-François Husson, qui l’a précédée à ce poste, évoque un cerveau de matheuse, une technicienne qui a su se frotter aux réalités du Sénat pour mieux s’y façonner. Elle comprend vite, elle écoute, elle travaille, résume-t-il, en la voyant promise à un bel avenir politique. Pierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt et son mentor, n’a rien oublié de la lettre qu’elle lui avait envoyée en 2008, avant les municipales. Il l’avait trouvée brillante et l’avait installée en position éligible sur sa liste.
Des critiques pointent pourtant une froideur de technocrate, des exposés capables de perdre leur auditoire. Elle reconnaît volontiers ce penchant et assure chercher à le corriger. Sa place au Sénat, elle l’a bâtie avec le soutien de Gérard Larcher, et elle porte une droite à la fois libérale et conservatrice. Elle a combattu l’inscription de l’IVG dans la Constitution et, adolescente, s’était opposée aux lois instaurant des quotas de parité entre femmes et hommes. Elle se définit comme libérale sans être extrême, peu portée sur le féminisme, et défend une écologie de la solution plutôt que de la décroissance. Ses travaux sur la rationalisation des agences de l’État, l’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles ou les budgets de l’Écologie et de l’Énergie ont marqué les débats.
Il a fallu l’élection de Bruno Retailleau à la présidence des Républicains pour qu’elle reprenne sa carte, un temps rendue sous la direction d’Éric Ciotti. Le candidat à la présidentielle la surnomme sa terreur des ministres et promet de l’associer étroitement à sa campagne. Son nom revient d’ailleurs à chaque remaniement ministériel. Côté personnel, cette mère de deux filles tente de ne pas passer pour une maman déconnectée. Déléguée de parents d’élèves, elle gagne le Sénat à vélo et offre ses week-ends au bénévolat à l’école de triathlon de sa ville. Elle sourit en assurant que les seuls samedis matins qu’elle peut manquer sont ceux du budget. Tous les autres, elle ne les rate jamais.
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