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Grenades assourdissantes suspendues après la main arrachée d’un lycéen à Lens

Le ministre de l’Intérieur gèle le tir de ces armes pendant toute la durée du mouvement lycéen, le temps que l’enquête établisse ce qui s’est passé. Un…

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Grenades assourdissantes suspendues après la main arrachée d'un lycéen à Lens

Le ministre de l’Intérieur gèle le tir de ces armes pendant toute la durée du mouvement lycéen, le temps que l’enquête établisse ce qui s’est passé. Un adolescent de 15 ans y a perdu une main, et dix-huit procédures ont été confiées à l’IGPN.

La mesure est nette, et son périmètre clairement délimité. Les grenades assourdissantes ne seront plus tirées par les forces de l’ordre tant que dure le mouvement lycéen. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé cette suspension en personne, en assumant le lien avec le drame survenu à Lens, dans le Pas-de-Calais. Sa formule résume l’état d’esprit du moment. Le gel se poursuivra tant que la lumière n’aura pas été faite sur ce dossier.

Les faits remontent à quelques jours. Dans cette ville du Pas-de-Calais, le tir d’une grenade assourdissante a provoqué, avec une forte probabilité selon le ministre, l’arrachement de la main d’un lycéen de 15 ans. L’Inspection générale de la police nationale a été saisie, et une enquête a été ouverte. Au total, dix-huit procédures ont été confiées à ce service chargé de contrôler les forces de l’ordre. Le ministre parle lui-même d’une arme intermédiaire, une catégorie qui en dit long sur la difficulté à encadrer son usage.

À gauche, la pression ne retombe pas depuis plusieurs jours. L’opposition dénonce un recours à la force disproportionné lors des opérations de maintien de l’ordre face aux lycéens mobilisés. Deux voix portent particulièrement cette charge, Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, et Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes. Toutes deux réclament la démission du ministre de l’Intérieur. La suspension annoncée ne suffit donc pas à éteindre la controverse.

Reste une question de fond que cette pause ne règle pas. La suspension ne couvre que le mouvement lycéen, rien de plus. En dehors de ce cadre, ces grenades restent à disposition des unités. Voilà tout l’enjeu du débat qui s’ouvre. Un adolescent amputé d’une main, des enquêtes en cours, un ministre directement mis en cause et une opposition qui hausse le ton. La suite dira si une décision temporaire suffit à apaiser les tensions, ou s’il faudra encadrer plus durablement l’emploi de ces équipements.

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