Politique
Manif des lycéens, Faure veut en finir avec les armes qui mutilent
Le patron des socialistes a défilé avec les lycéens et exigé la fin des grenades, des tirs de LBD et des tasers visant des mineurs. Une proposition de loi…


Le patron des socialistes a défilé avec les lycéens et exigé la fin des grenades, des tirs de LBD et des tasers visant des mineurs. Une proposition de loi et une pétition portent la même exigence, après plusieurs jeunes blessés.
Olivier Faure a choisi de marcher aux côtés des lycéens. Le premier secrétaire du Parti socialiste, candidat à la présidentielle, s’est rendu à la manifestation parisienne où des élèves réclamaient davantage de moyens et de professeurs. Là, il a salué une génération qui se lève, une jeunesse longtemps méprisée et à laquelle, selon lui, on n’a répondu qu’avec la force et la violence policière.
Il l’a dit à sa façon, en une phrase qui résume tout. Ce qu’ils sont, c’est notre avenir, et quand l’avenir se présente à votre porte, on ne l’attend pas avec une matraque. Pour lui, les adultes doivent venir nombreux protéger ces enfants qui manifestent et faire porter leurs revendications. À ses côtés se tenait Boris Vallaud, le chef des députés socialistes à l’Assemblée.
Le patron du PS ne s’est pas limité à un soutien de principe. Il a réclamé l’arrêt immédiat de l’usage des grenades de désencerclement, des tirs de LBD et des tasers, des armes employées selon lui contre nos enfants. Dans la foulée, Boris Vallaud a annoncé que son groupe déposerait une proposition de loi. L’idée, empêcher les forces de l’ordre d’avoir recours à des armes mutilantes ou à des pratiques brutales comme l’étranglement quand une manifestation implique des mineurs. Il rappelle qu’une large majorité des jeunes interpellés, 85 %, sont mineurs, et plaide pour une réponse d’abord éducative.
Le contexte pèse lourd. Le mouvement lycéen ne faiblit pas et les violences se multiplient. Plusieurs jeunes ont été blessés à la suite d’interventions policières. Un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par un tir policier à Lens. Dix enquêtes ont été ouvertes par l’inspection générale de la police nationale depuis le début de la mobilisation.
Sur le site de l’Assemblée nationale, une pétition dénonce une réponse sécuritaire totalement disproportionnée. Ses premiers signataires, environ 8 000, demandent l’interdiction des gestes d’immobilisation qui font courir un risque d’asphyxie, du plaquage ventral aux clés d’étranglement en passant par le pliage corporel. Ils réclament aussi le retrait des LBD 40, des grenades explosives et de désencerclement, ainsi que des pistolets à impulsion électrique.
Face à ces appels, Laurent Nuñez a maintenu sa position. Il a affirmé qu’il n’existait aucune consigne de retenue, ni aucune consigne de renoncer à l’arsenal intermédiaire disponible. Des propos qui font réagir jusque dans le camp social-démocrate. Ségolène Royal, candidate à la primaire, s’est demandé comment un ministre de l’Intérieur avait pu perdre à ce point la maîtrise de la doctrine du maintien de l’ordre, en voyant des policiers harnachés comme s’il y avait une guerre.
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