Politique
Le patron du Medef prévient qu’il ferait ses valises si LFI remporte 2027
Patrick Martin assure qu’une victoire de la France insoumise en 2027 pousserait des patrons à partir, lui compris. Jean-Luc Mélenchon balaie…


Patrick Martin assure qu’une victoire de la France insoumise en 2027 pousserait des patrons à partir, lui compris. Jean-Luc Mélenchon balaie l’avertissement et prévient que son camp saura répliquer à ceux qui abandonnent leur entreprise.
Interrogé sur ce qu’il adviendrait si la France insoumise l’emportait aux élections de 2027, Patrick Martin n’a pas pris de détours. Oui, a-t-il lancé, une telle issue ferait fuir les patrons. Et lui-même n’exclut rien. Il évoque un départ physique, un exil financier, ou plus simplement l’envie de tout arrêter. À la tête du Medef, mais aussi d’une entreprise familiale de distribution destinée à l’industrie et au bâtiment, il raconte qu’il poserait alors son crayon, persuadé de vivre dans un pays devenu terriblement dangereux. Sa question, posée à voix haute, tourne autour du sens qu’il y aurait à investir son patrimoine, à exposer sa vie personnelle et celle des siens, à trimer sans jamais rien récupérer, tout cela pour alimenter un puits sans fond que LFI ne ferait que creuser davantage.
La réponse de Jean-Luc Mélenchon n’a pas traîné. Pour le chef de file des insoumis, la France de l’argent n’a pas de patrie, et cela se voit. Il estime que Patrick Martin s’exprime au nom d’une ultra-minorité, sans le moindre doute selon lui. Puis il glisse un avertissement. Mal leur en prendrait de suivre de tels conseils, prévient-il, avant d’ajouter que son camp sait parfaitement comment réagir face à l’abandon d’une entreprise.
Sur les propositions économiques de Marine Le Pen, Patrick Martin se montre bien plus mesuré. Le plan dévoilé la veille prévoit 140 milliards d’euros d’économies étalées sur cinq ans. Il y voit du bon, à commencer par les baisses d’impôts de production censées redonner de la compétitivité aux entreprises. Il y décèle aussi de vraies zones d’ombre, des chiffrages qui tiennent un peu du vœu pieux, beaucoup d’approximations, notamment sur les retraites. Pour lui, un ou plusieurs candidats peuvent redresser le pays, à condition de s’appuyer sur un contrat clair et d’accepter de dire les choses, même si cela passe par quelques épreuves.
Patrick Martin attend désormais un signal du Premier ministre, qui doit s’exprimer dans la soirée sur le mouvement des lycéens et la hausse des prix des carburants. Il espère l’entendre rappeler des principes de démocratie et de liberté d’expression, mais aussi d’autorité. Dans la situation que traverse le pays, celui-ci ne peut pas se permettre, en plus, le chaos dans la rue, souligne-t-il. Sur l’orientation des jeunes, il regrette un vrai déficit d’information. On ne leur dit pas assez quels métiers ont de l’avenir, ni lesquels sont menacés, ni vers quelles formations ils auraient intérêt à se tourner.
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