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Deux injections létales plus tard, Christa Pike est toujours en vie

Six jours après l’échec inédit de son exécution, la quinquagénaire a repris connaissance et peut parler, même si son pronostic reste incertain. Son cas…

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Deux injections létales plus tard, Christa Pike est toujours en vie

Six jours après l’échec inédit de son exécution, la quinquagénaire a repris connaissance et peut parler, même si son pronostic reste incertain. Son cas relance les questions sur la façon dont la peine de mort est appliquée aux États-Unis.

Christa Pike a 50 ans et elle devait devenir la première femme mise à mort dans le Tennessee depuis plus de deux cents ans. Ce soir-là, deux doses de pentobarbital, un puissant barbiturique, lui ont été injectées. Deux fois, son corps a tenu. Depuis, la prisonnière est consciente, elle parle et elle continue de recevoir des soins vitaux. Ses avocats évoquent un rétablissement sans équivalent sur le plan médical.

Elle a passé plusieurs jours dans un état critique, sous assistance respiratoire. Ses bras portent de graves lésions et, dans son lit d’hôpital, elle demeure menottée. Le pronostic reste incertain et ses défenseurs s’attendent au minimum à une longue convalescence. Eux-mêmes n’ont pas été autorisés à lui rendre visite, et les informations sur son état leur sont parvenues au compte-gouttes. Une audience est prévue devant un juge, saisi d’une demande de sauvegarde des documents liés à cette exécution manquée.

Son histoire judiciaire remonte à 1995. Elle avait 18 ans lorsqu’elle a torturé et assassiné une femme de 19 ans, des faits qui lui ont valu la peine capitale. Son cas a provoqué une vive émotion bien au-delà des frontières américaines.

Dans le Tennessee, la séquence a fait bouger les lignes. Le gouverneur Bill Lee a ordonné la suspension des exécutions et ouvert une enquête indépendante, confiée au même ancien procureur fédéral qu’en 2022. Il a également accepté la démission du chef de l’administration pénitentiaire. Celle-ci assure avoir suivi à la lettre le protocole en vigueur depuis la reprise des mises à mort en mai 2025, après trois ans de moratoire. Ce moratoire avait justement été décrété en raison de défaillances dans la vérification du produit mortel.

Au Texas, en revanche, on ne ralentit pas. Jamaal Howard, 46 ans, attend son exécution au pénitencier de Huntsville pour le meurtre en 2000 de Vickie Lee Swartout, 42 ans, employée d’une supérette. Si elle a lieu, ce sera la trentième de l’année aux États-Unis, toutes réalisées par injection létale. Ses recours étant épuisés, ses avocats ont demandé au gouverneur Greg Abbott un sursis de trente jours. Leur argument tient en un nom de produit, le pentobarbital, celui-là même qui a été administré une semaine plus tôt dans ce qu’ils décrivent comme une exécution ratée.

Laura Porter, qui dirige une coalition d’organisations abolitionnistes, salue la suspension et l’enquête. Elle rappelle cependant que l’État a déjà promis des réformes par le passé sans les appliquer, et insiste sur un point, la fin du secret autour du processus. Un des avocats de Christa Pike abonde dans ce sens et pointe des questions auxquelles le Tennessee refuse de répondre.

Le pouvoir fédéral affiche une orientation inverse. Donald Trump, fervent partisan de la peine capitale, a validé la mise à mort par peloton d’exécution de Nidal Hasan, l’auteur de la tuerie de 2009 sur la base militaire de Fort Hood, au Texas. Cet Américain musulman d’origine palestinienne sera fusillé le 3 décembre sur le site de ses crimes, une première pour l’armée américaine depuis 1961. Le ministère de la Justice a par ailleurs annoncé en avril une série de mesures destinées à faciliter les exécutions dans les dossiers fédéraux, parmi lesquelles l’élargissement des modes d’exécution au-delà de la seule injection létale. L’immense majorité des mises à mort reste toutefois du ressort des États.

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