Société
Une Marche des fiertés très politique défile à Paris avant la présidentielle
Des dizaines de milliers de personnes ont parcouru la capitale samedi pour défendre les droits des personnes LGBT+, dans un contexte marqué par la montée…


Des dizaines de milliers de personnes ont parcouru la capitale samedi pour défendre les droits des personnes LGBT+, dans un contexte marqué par la montée de l’extrême droite. Reportée à cause de la canicule, la manifestation a pris des allures de rendez-vous électoral.
Ils étaient plusieurs dizaines de milliers à s’élancer de la place d’Italie en début d’après-midi, drapeaux arc-en-ciel au vent et colliers de fleurs autour du cou. Direction la place de la Bastille, où des concerts étaient programmés pour clôturer la journée. L’ambiance est restée bon enfant, portée par des camions diffusant de la musique à plein volume et des drag queens en pleine chorégraphie. Mais sous la fête, le message politique était bien là, à quelques mois d’une élection présidentielle qui cristallise les inquiétudes.
Les pancartes brandies dans le cortège ne laissaient planer aucun doute sur l’état d’esprit. On pouvait y lire des slogans hostiles au Rassemblement national et à Éric Zemmour, mêlés à des appels à davantage d’amour et de visibilité lesbienne. Avant que le défilé ne s’ébranle, Alexandre Schon, coprésident de l’Inter-LGBT, qui fédère une cinquantaine d’associations et organise l’événement parisien, a appelé les participants à transformer leur colère en victoire dans les urnes. Il a pointé la multiplication des discours de haine et de discrimination visant les personnes trans, les couples de même sexe et les travailleuses du sexe.
Dans les rangs, les motivations se croisent et se répondent. Lucie Dia, la trentaine, est venue avec sa mère de soixante ans, toutes deux convaincues qu’il faut cesser de se définir par sa couleur de peau, sa sexualité ou sa religion. Maxence Rolland, vingt ans, vit sa première marche avec deux amis d’enfance, surtout par curiosité et pour l’ambiance conviviale, une pancarte à la main. À ses côtés, Aurélie Féru se dit hétérosexuelle mais tient à afficher son soutien, tandis que Célestin Raby souhaite montrer que les personnes LGBT+ ne sont pas seules et peuvent compter sur celles qui ne sont pas directement concernées. Pour lui, ce type de rassemblement fait avancer les mentalités, même si certains courants politiques tentent selon lui d’étouffer les mouvements de liberté sexuelle.
La question de la visibilité revient comme un fil rouge. Anaïs Perrin-Prevelle, présidente de l’association OUTrans, rappelle que beaucoup de personnes LGBT+ sont persécutées à travers le monde et estime crucial de se montrer avant une période qu’elle juge compliquée. Elle cite pêle-mêle la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal, avec un point commun selon elle, s’en prendre aux personnes trans pour figer une certaine idée de la femme. Amélie Lounya, vingt-trois ans, partage cette conviction au cœur du cortège. Plusieurs figures de gauche ont été aperçues dans le carré de tête, parmi lesquelles le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire, les députées insoumises Sophia Chikirou et Manon Aubry, l’écologiste Sandrine Rousseau, ainsi que Jean-Luc Mélenchon.
Ces marches se tiennent un peu partout en France, souvent en juin, en écho aux émeutes de Stonewall, dans la nuit du 27 au 28 juin 1969 à New York, considérées comme l’acte fondateur du mouvement LGBT+. Pour mesurer l’ampleur du rendez-vous parisien, les comptages divergent comme souvent. L’an passé, les organisateurs avaient annoncé un demi-million de participants, quand les autorités policières en dénombraient moins de cent mille.
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