Société
Trop jeunes pour le dépistage, pas pour le cancer du sein
Chaque année, plus de 3 000 femmes de moins de 40 ans découvrent en France qu’elles ont un cancer du sein. Des tumeurs souvent plus agressives, repérées à…


Chaque année, plus de 3 000 femmes de moins de 40 ans découvrent en France qu’elles ont un cancer du sein. Des tumeurs souvent plus agressives, repérées à un stade avancé, qui viennent percuter leur fertilité, leurs études et leur carrière.
En France, le cancer du sein reste le plus courant et le plus meurtrier chez les femmes. Chaque année, plus de 61 000 nouveaux cas sont recensés. Parmi eux, environ 5 % touchent des femmes de moins de 40 ans, soit plus de 3 000 personnes qui apprennent la nouvelle à un âge où rien ne les y prépare. Le dépistage organisé, lui, ne démarre qu’à 50 ans et s’arrête à 74. Ces patientes arrivent donc souvent au diagnostic avec une tumeur déjà volumineuse et des ganglions touchés.
Et la maladie se montre plus coriace. Chez les moins de 40 ans, les cancers du sein sont globalement plus agressifs. La forme triple négative, réputée difficile à traiter, représente 22 % des cas, contre 11 % dans l’ensemble de la population. Le poids de l’hérédité est lui aussi plus marqué, avec 15 % de cancers liés à une prédisposition génétique, contre 5 à 7 % ailleurs. Résultat, près de trois jeunes femmes sur quatre passent par la chimiothérapie, alors qu’après 60 ans, c’est le cas d’une sur trois. L’annonce de la maladie et des soins qui s’ensuivent fait l’effet d’un raz-de-marée pour ces patientes, embarquées dans des traitements lourds au moment même où elles bâtissent leur vie.
La question de la fertilité arrive très vite dans les consultations. Bonne nouvelle, les traitements ne rendent pas infertiles, et une grossesse reste possible après un cancer du sein. Mieux vaut toutefois laisser passer du temps. Pour une forme localisée, un projet de bébé peut s’envisager autour de 18 mois après la fin des soins. Quand le risque est plus élevé, les médecins demandent un décalage supplémentaire, deux ans parfois trois. Autre option, mettre l’hormonothérapie en pause le temps d’une grossesse, puis la reprendre, sans que le pronostic en souffre. La majorité des grossesses qui suivent un cancer du sein surviennent d’ailleurs naturellement. Pour garder cette possibilité intacte, la congélation d’ovocytes ou d’embryons peut être proposée.
Le quotidien professionnel trinque aussi. Effets secondaires lourds, symptômes proches de la ménopause, rendez-vous à répétition, tout se cumule. Un traitement associant chimiothérapie et radiothérapie implique ainsi six à sept mois de soins, avec des déplacements fréquents. Chez les personnes touchées par un cancer, 20 % finissent par se retrouver éloignées de l’emploi, surtout dans les deux ans qui suivent la fin des traitements. Le fameux brouillard mental provoqué par les soins complique la concentration, un vrai obstacle pour qui démarre des études ou une carrière. Et pour une jeune mère isolée ou mal entourée, l’équation se complique encore, entre les jours de congé à poser et la garde des enfants pendant les soins.
Autre tendance qui interroge, le cancer du sein précoce progresse. Entre 1990 et 2023, son incidence a grimpé en moyenne de 1,5 % par an chez les femmes de 30 ans et de 0,9 % chez celles de 40 ans. La hausse touche aussi les tranches 30-34 et 35-40 ans. Les spécialistes estiment que l’évolution des facteurs hormonaux ne suffit pas à tout expliquer et pointent aussi du côté de la génétique, de l’épigénétique et de l’environnement. Face à ce constat, les autorités sanitaires étudient la piste d’un dépistage organisé abaissé à 45 ans et étendu jusqu’à 79 ans. L’idée d’un suivi calibré selon le risque de chacune gagne également du terrain. Une vaste étude internationale menée dans six pays doit dire, fin 2027, si ce dépistage sur mesure est efficace et faisable chez les femmes de 40 à 70 ans.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 4 joursElle fait fuir l’agresseur d’une passagère du RER C et se voit remettre la médaille du mérite



PolitiqueEn Ligne 7 joursNathalie Arthaud lance sa campagne et s’en prend frontalement à Jean-Luc Mélenchon



PolitiqueEn Ligne 7 joursPlace de la Concorde, la droite et l’extrême droite répondent en masse à la messe du pape



Faits DiversEn Ligne 5 joursRachida Dati face à un verdict qui peut lui coûter sa mairie et son avenir



PolitiqueEn Ligne 4 joursSelon Tanguy, d’anciens militants antisémites seraient à l’origine de la fuite visant Bardella



Faits DiversEn Ligne 2 joursRachida Dati risque de perdre sa mairie dès sa condamnation



PolitiqueEn Ligne 4 joursÉdouard Philippe sort enfin sa réforme des retraites



Faits DiversEn Ligne 3 joursDerrière Gims, une machine à blanchir un milliard d’euros








