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Le Nobel de chimie distingue les déchiffreurs des molécules en miroir

Henri Kagan, 95 ans, et Kenso Soai, 76 ans, décrochent le prix Nobel de chimie pour avoir compris pourquoi la nature ne retient qu’une seule forme de…

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Le Nobel de chimie distingue les déchiffreurs des molécules en miroir

Henri Kagan, 95 ans, et Kenso Soai, 76 ans, décrochent le prix Nobel de chimie pour avoir compris pourquoi la nature ne retient qu’une seule forme de certaines molécules. Un travail qui pèse directement sur la façon dont on fabrique les médicaments.

Le verdict est tombé. Henri Kagan, professeur émérite à l’université Paris-Saclay, et Kenso Soai, enseignant à l’université des sciences naturelles de Tokyo, remportent le prix de chimie. Le premier n’a pas pu être joint par l’Académie Nobel. Le second a appris la nouvelle en pleine séance de courses, près de son domicile. « C’est le jour le plus incroyable de ma vie », a-t-il lancé au téléphone. Il dit souhaiter que cette récompense pousse le grand public à mesurer l’importance de la chiralité des molécules, et s’en réjouit.

De quoi parle-t-on exactement ? Comme les mains, certaines molécules existent en deux versions, l’une droite, l’autre gauche, selon la manière dont elles réfléchissent la lumière. Leurs propriétés physiques se ressemblent comme deux gouttes d’eau, leurs effets biologiques peuvent diverger du tout au tout. Comprendre ce mécanisme et apprendre à ne produire qu’une seule de ces formes, voilà ce que les deux chercheurs ont rendu possible. Henri Kagan est d’ailleurs considéré, en France comme ailleurs, comme le père de la catalyse asymétrique, la technique qui permet ce tri. Une partie de ce domaine avait déjà été couronnée en 2001, sans lui. Un oubli qui avait provoqué la colère du ministère français de la Recherche à l’époque.

L’intérêt est très concret. Le comité Nobel le souligne, ces découvertes ont joué un rôle déterminant pour les chimistes qui imaginent des réactions destinées à fabriquer des produits pharmaceutiques. Mieux maîtriser ces molécules en miroir, c’est donc mieux concevoir les traitements de demain. La chimie devient ainsi le troisième prix scientifique de la saison, après la médecine et la physique. L’édition précédente avait, elle, salué de nouvelles structures moléculaires capables d’emprisonner des gaz.

La suite du calendrier promet d’autres moments forts. La littérature ouvrira le bal, et les pronostics penchent cette fois vers une écrivaine non européenne. Le nom de l’Américano-antiguayenne Jamaica Kincaid, connue pour son roman « Lucy », revient souvent, tout comme celui de la Chinoise Can Xue. Jusqu’ici, l’honneur était revenu à l’auteur hongrois László Krasznahorkai. Parmi les pistes évoquées par les spécialistes figuraient aussi la thérapie génique, les hormones du sommeil ou encore la formation de monocouches auto-assemblées.

Le rendez-vous le plus attendu reste le prix de la paix, décerné juste après. Donald Trump a-t-il une chance ? Elle est quasi nulle, mais le président américain devrait malgré tout occuper les esprits, après la campagne inédite qu’il avait menée l’an dernier pour sa candidature. Le comité, lui, se sait observé. L’économie refermera la saison. À la clé pour chaque lauréat, un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, un peu plus d’un million d’euros.

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