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Après une journée de mobilisation massive, la jeunesse ne compte pas s’arrêter

Des centaines de milliers de personnes ont défilé mardi dans toute la France, des lycéens aux parents d’élèves. Ce mercredi, les organisations de jeunesse…

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Après une journée de mobilisation massive, la jeunesse ne compte pas s'arrêter

Des centaines de milliers de personnes ont défilé mardi dans toute la France, des lycéens aux parents d’élèves. Ce mercredi, les organisations de jeunesse appellent à poursuivre les blocages, quand l’exécutif parie sur le dialogue au sein des établissements.

La rue a répondu présent. Entre 266 000 et 450 000 personnes ont manifesté mardi en France, selon les autorités et les organisateurs, un écart qui dit à lui seul la difficulté à mesurer un mouvement désormais installé, depuis les premiers blocages de septembre en région parisienne. Dans les cortèges, des lycéens, des étudiants, mais aussi des professeurs et des parents d’élèves. Le symbole est parlant. La contestation ne se limite plus aux salles de classe.

La suite se joue dès ce mercredi. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à poursuivre les blocages, puis à de nouveaux cortèges jeudi pour un « acte 4 », à Paris et dans d’autres villes. La CGT promet d’être de nouveau mobilisée aux côtés des lycéens et des étudiants. Solidaires résume l’état d’esprit général, après le raz-de-marée du 6 octobre, on continue, et réclame à l’État d’allonger les millions. Une intersyndicale doit détailler mercredi matin les modalités de cette poursuite. Sur le fond, les organisations visent la même cible, un budget débloqué pour l’éducation et l’enseignement supérieur.

En face, l’exécutif avance sa propre méthode. Le chef du gouvernement a annoncé la banalisation de demi-journées sans cours à partir de mercredi, histoire d’ouvrir un temps de démocratie interne où élèves et personnels feront remonter leurs difficultés, établissement par établissement. Sur le papier, l’idée se tient. Dans les faits, elle se heurte déjà à un mur. La secrétaire générale adjointe du principal syndicat des chefs d’établissement prévient que rien ne sera mis en œuvre ni mercredi, ni le lendemain, et dénonce une cacophonie complète. Pour la responsable du premier syndicat du secondaire, croire que les cours reprendront dès mercredi relève de l’illusion.

Les raisons de la colère, elles, n’ont pas bougé. Les lycéens pointent l’insalubrité de certains bâtiments, des classes et des emplois du temps surchargés, des professeurs jamais remplacés, sans oublier les inégalités liées à Parcoursup. Près de 900 des 3 700 lycées du pays ont vu leurs cours suspendus, en partie ou totalement, ce qui donne la mesure du défi pour un retour rapide à la normale. Croisée dans le cortège parisien, Oriane, élève au lycée Condorcet, assume. On préférerait avoir nos cours normalement, mais si on peut permettre un changement durablement, ça vaut le coup de continuer.

Le mouvement déborde en tout cas le seul cadre des lycées. Dans l’enseignement supérieur, 40 % des établissements étaient perturbés mardi. Philippe Baptiste, qui a la charge du dossier, reçoit mercredi les organisations professionnelles puis étudiantes, quand la porte-parole de l’Union étudiante assure que rien ne sera arrêté. Sur les campus, la décision passera par des assemblées générales, où certains voteront ou non la reconduction des blocages. Un autre point reste sensible pour l’exécutif, la gestion du maintien de l’ordre, après plusieurs blessures graves de lycéens depuis le début de la contestation, même si les défilés de mardi se sont déroulés sans heurts majeurs.

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