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Des parents s’improvisent gardiens des lycéens en colère

À Lyon, une poignée de parents d’élèves se relaie devant les lycées et dans les cortèges pour veiller sur les jeunes mobilisés. Un rôle de protecteurs…

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Des parents s'improvisent gardiens des lycéens en colère

À Lyon, une poignée de parents d’élèves se relaie devant les lycées et dans les cortèges pour veiller sur les jeunes mobilisés. Un rôle de protecteurs qu’ils partagent avec les services d’ordre syndicaux.

Brassard blanc autour du bras, une poignée de parents d’élèves se poste régulièrement devant des lycées lyonnais. Leur simple présence se veut rassurante pour les jeunes engagés dans le blocage des établissements. Sandrine Buteau est l’une d’elles, membre du collectif « Parents présents ». Monté dans l’urgence à Lyon, ce groupe revendique déjà 150 membres prêts à se mobiliser via une boucle WhatsApp. Devant le collège-lycée Ampère, en plein centre-ville, une dizaine de volontaires gardaient un œil sur des élèves juchés sur des bennes ou fumigènes à la main.

Pour ces adultes, le mouvement de blocage entamé depuis plusieurs jours comporte un vrai risque. « Plutôt dangereux pour eux », souffle Arnaud, père d’un élève de première qui participe à la mobilisation. Le bilan officiel parle de 215 élèves blessés depuis le lancement du mouvement. Selon le gouvernement, « l’immense majorité » l’a été « dans le cadre d’accidents » ou à cause « d’autres individus extérieurs ». Sauf que certains ont payé bien plus cher. Main arrachée, perte de l’usage d’un œil, dents cassées. Ces blessures graves sont survenues lors d’interventions des forces de l’ordre, en réponse aux violences de casseurs.

Alors Arnaud est revenu aux abords du lycée Ampère, entouré d’autres parents, avec une idée en tête. « Faire la transmission d’informations entre la police et les jeunes » et tenter de les « canaliser ». Karima, autre membre du collectif, dresse un constat plus sombre. « Au niveau de la sécurité et de la police, beaucoup de lycéens sont dans un état catastrophique », dit-elle, évoquant des jeunes traumatisés. En classe de seconde, Geneviève reconnaît avoir peur. « Oui, on a peur mais si on se laisse intimider, plus personne ne sera là », lâche-t-elle.

La tension peut monter vite. Sandrine Buteau raconte avoir dû s’interposer entre des « lycéens qui manifestaient pacifiquement » et un « groupe tout habillé de noir, cagoulé ». Ce jour-là, devant Ampère, c’est pourtant le calme. Aucun casseur, aucun policier en vue. Les « Parents présents » en profitent pour sortir leurs pancartes. Sur l’une d’elles, on peut lire « Lycéens en colère, parents derrière ». Adam, en terminale, respire. Il se dit « très content d’avoir toutes ces personnes qui sont là pour que tout se déroule bien ».

Puis le petit groupe rejoint le gros du cortège. La manifestation lycéenne rassemble 20.000 personnes à Lyon. Plusieurs parents s’y glissent, comme Anne-Judith Doyen, 57 ans. « On est venu pour soutenir les lycéens voire les protéger parce qu’on a vu les débordements », explique-t-elle. Aurore Voeltzel, 48 ans, va plus loin. Elle dénonce « la répression » qui « donne une mauvaise image de la France à l’étranger ».

Dans le cortège, les services d’ordre des syndicats, rompus à l’exercice, jouent eux aussi les anges gardiens. Face à quelques individus masqués venus en découdre avec les forces de l’ordre, ils forment des cordons pour les tenir à l’écart. « On a déclaré la manifestation en préfecture, donc on a la responsabilité » de son bon déroulement, souligne Rindala Younes, secrétaire académique du SNES et professeure de français à Lyon. Elle insiste sur un point, « les revendications des lycéens sont légitimes et construites ». Leur objectif était clair, « qu’ils puissent porter le message de façon pacifique ».

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