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Un peu de sueur, pas de larmes. Le grand oral d’Édouard Philippe pour convaincre

Accusé de vouloir imposer du « sang » et des « larmes », Édouard Philippe assure ne demander aux Français qu’un peu de sueur pour remettre de l’ordre dans les…

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Un peu de sueur, pas de larmes. Le grand oral d'Édouard Philippe pour convaincre

Accusé de vouloir imposer du « sang » et des « larmes », Édouard Philippe assure ne demander aux Français qu’un peu de sueur pour remettre de l’ordre dans les comptes. À six mois de la présidentielle, il mise sur une grande émission en prime time pour faire enfin entendre un message qui, pour l’instant, ne prend pas.

Il y a des rendez-vous qui ne se ratent pas, et celui-ci en fait partie. L’ancien Premier ministre s’installe pour près de deux heures d’échanges, en direct et devant un public, dans « L’Heure de vérité », émission politique relancée pour la présidentielle. Il devra répondre à un feu roulant de questions, sur des thèmes très variés. Au menu, entre autres, sa réforme des retraites, dévoilée quelques jours plus tôt. Le principe comporte un passage progressif à 45 annuités, un report de l’âge légal à 65 ans et un volet capitalisation.

Dans son entourage, ce prime time provoque une nette fébrilité. Un membre de l’équipe de campagne résume le risque. « C’est une séquence importante. Ce sont des émissions où si tu te vautres, tu peux traîner cela comme un sparadrap. » Un cadre du parti, plus tendu, tranche carrément que le candidat « joue sa peau ».

À six mois du premier tour, le rapport de force ne bouge pas au sein du bloc central. Édouard Philippe garde une large avance sur Gabriel Attal dans les sondages. Mais la partie est tout autre dès qu’on sort de ce périmètre. Les enquêtes se contredisent. Certaines le placent au second tour face à Marine Le Pen, d’autres le montrent au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon pour la qualification. Et dans tous les cas de figure, c’est Marine Le Pen qui l’emporterait au second tour.

Le maire du Havre s’est démarqué d’Emmanuel Macron, allant jusqu’à réclamer son départ anticipé en octobre 2025. Un premier chef de gouvernement du quinquennat macronien qui doit porter les couleurs d’un camp sortant en grande difficulté après dix ans de pouvoir. La route vers l’Élysée s’annonce donc escarpée.

Longtemps, on lui a reproché une campagne trop discrète. Ces derniers mois, il a changé de braquet, alignant les propositions sur les arrêts maladie, l’assurance-chômage, l’éducation ou encore l’immigration. Peu d’idées percolent, pourtant. « Quand on parle de tous ces sujets qu’il a traités depuis le mois de juillet, il n’y a rien qui percole, parce qu’il n’y a pas de dynamique », s’inquiète un soutien. Ce dernier regrette que « le sillon n’a pas été tracé depuis le meeting du 5 juillet ». Ce jour-là, le candidat avait cherché à donner du sens aux efforts qu’il réclame, faisant de « l’intérêt de nos enfants » la « boussole du nouveau quinquennat ».

Reste l’essentiel. « Édouard a gagné cette bataille interne » face à Gabriel Attal, mais « son sujet, c’est pas du tout ça. C’est de trouver un projet fédérateur », résume un proche. L’idée consiste à montrer qu’il possède « la stature de l’homme d’État » et à faire comprendre que les efforts demandés ne sont pas vains. Mais le message a du mal à accrocher. « On voit bien que c’est un gars raisonnable, un gars honnête, un gars compétent… Très bien. Mais c’est quoi, le projet? Il parle d’école, beaucoup. Très bien. Mais pas sûr que ça parle à tout le monde. » Il lui faudrait donc « trouver une accroche », dans un contexte tendu, marqué par le mouvement des lycéens, les crises internationales, le prix du carburant et les aléas climatiques.

Dans le bloc central, l’inquiétude gagne. Les différentes composantes ne se bousculent pas pour rallier le maire du Havre, malgré les difficultés de Gabriel Attal dans les études d’opinion. « Il y a un attentisme, une espèce d’apathie généralisée », décrit un cadre centriste.

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