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Économie

Le FMI sur le qui-vive face à El Niño et aux vertiges de l’intelligence artificielle

Le Fonds monétaire international se tient prêt à voler au secours des nations les plus fragiles face aux dérèglements climatiques d’El Niño, qui menacent…

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Le FMI sur le qui-vive face à El Niño et aux vertiges de l'intelligence artificielle

Le Fonds monétaire international se tient prêt à voler au secours des nations les plus fragiles face aux dérèglements climatiques d’El Niño, qui menacent de priver des millions de personnes d’un accès sûr à la nourriture. Dans le même temps, l’institution garde un œil inquiet sur les marchés, où l’engouement pour l’intelligence artificielle pourrait bien se retourner.

Le phénomène météorologique El Niño poursuit ses ravages et le Fonds monétaire international tire la sonnette d’alarme. Sa directrice générale, Kristalina Georgieva, exprime une vive inquiétude quant aux conséquences sur la sécurité alimentaire mondiale. Les effets se font déjà sentir sur plusieurs continents. En Amérique centrale, une sécheresse tenace assèche les champs, fait chuter les récoltes et décime les troupeaux. En Inde, une mousson chamboulée compromet des cultures entières, privant de nombreux foyers de leurs moyens de subsistance.

Face à cette menace, l’institution se dit prête à intervenir. Elle évoque des pressions inflationnistes liées à la flambée du coût des denrées, une perspective qui pèse lourdement sur les populations les plus modestes. Le FMI promet de jouer son rôle de filet de sécurité en venant en aide aux pays les plus exposés, dont certains pourraient avoir besoin de financements extérieurs. Ces difficultés ne viennent pas seules. La crise alimentaire se conjugue à l’envolée des prix de l’énergie provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Si certaines économies d’Asie et d’Afrique tiennent le choc, les nations insulaires du Pacifique, le Bangladesh ou encore le Laos se retrouvent dans une position bien plus critique, tout comme plusieurs régions du continent africain. D’où l’appel de la responsable à une coopération internationale coordonnée.

L’institution met également en garde contre des politiques de subventions énergétiques trop généreuses. Une longue série de secousses a déjà frappé l’économie planétaire, de la pandémie de Covid à la guerre en Ukraine, en passant par la poussée inflationniste et la brusque remontée des taux d’intérêt. À chaque fois, les gouvernements ont soutenu ménages et entreprises à coups d’emprunts, creusant davantage leurs déficits. Cette stratégie atteint aujourd’hui ses limites, car les taux et les coûts d’emprunt ont grimpé. Pour des pays déjà lourdement endettés, la facture devient insupportable. Kristalina Georgieva réclame donc des aides bien plus ciblées.

Les banques centrales, qui relèvent leurs taux directeurs pour contrer la hausse des prix, occupent une place centrale dans cette bataille. L’inflation, rappelle-t-elle, frappe en premier lieu les foyers les plus modestes. Elle concède que ce resserrement monétaire pèse sur la croissance et réclame de la prudence. Mais renoncer à agir laisserait les prix s’emballer, avec le risque de voir l’inflation échapper à tout contrôle et devenir une menace majeure pour les populations.

Autre sujet d’attention, l’essor spectaculaire de l’intelligence artificielle. Les investissements massifs qu’il génère dopent la croissance mondiale, pouvant atteindre un demi-point de pourcentage supplémentaire par an, et font s’envoler les Bourses. Le FMI y voit un moteur puissant, mais reste vigilant. Un ralentissement du secteur se répercuterait partout dans le monde. Surtout, une perte de confiance entraînant un désengagement financier pourrait déstabiliser l’ensemble du système. Le Fonds surveille aussi les tensions sur le marché de la dette, où les rendements des obligations américaines, japonaises et européennes grimpent de concert, la France étant citée parmi les pays concernés. Plusieurs éléments s’entremêlent, l’inflation, les perspectives de hausse des taux et les emprunts colossaux des géants de l’IA. Mais le manque de discipline budgétaire de certains États pèse lourd. Pour rassurer les marchés, les gouvernements doivent afficher un plan crédible de réduction progressive de leur dette à moyen terme, sans forcément l’appliquer tout de suite. L’essentiel étant d’offrir une visibilité claire.

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