Nous rejoindre sur les réseaux

Société

Moins de blocages dans les lycées, mais la mobilisation ne faiblit pas

Le ministère de l’Éducation enregistre deux fois moins d’établissements perturbés que la veille, signe que le mouvement reflue dans les cours et les…

Article

le

Moins de blocages dans les lycées, mais la mobilisation ne faiblit pas

Le ministère de l’Éducation enregistre deux fois moins d’établissements perturbés que la veille, signe que le mouvement reflue dans les cours et les couloirs. Les organisations lycéennes et étudiantes ne l’entendent pas ainsi et appellent à une nouvelle journée de grève et de rassemblements jeudi.

Les cours ont repris dans une bonne partie des lycées. Le ministère de l’Éducation recense 459 établissements touchés par une suspension totale ou partielle des cours, contre 891 la veille, avec 276 fermetures complètes et 183 partielles. Les actions et perturbations reculent elles aussi de plus de moitié, avec 232 établissements concernés, contre 496 au même moment la veille.

Face à cette décrue, l’exécutif multiplie les signes d’apaisement en direction d’une jeunesse dont une partie a repris le chemin des salles de classe, tandis qu’une autre poursuit les blocages. « La parole lycéenne est précieuse et doit être entendue », a écrit le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui devait prendre la parole dans la journée. Il invite les élèves à s’exprimer au sein de leurs établissements et sur la plateforme ouverte pour recueillir leurs doléances, et encourage l’organisation de demi-journées banalisées, sans cours, afin que lycéens et personnels puissent faire remonter leurs difficultés.

Autre geste destiné à calmer le jeu, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes. La mesure intervient après qu’un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée en début de semaine à Lens. Dix-huit enquêtes de la police des polices ont été ouvertes à ce stade. Le bilan humain reste lourd, avec 215 élèves et 85 personnels de l’Éducation blessés, auxquels s’ajoutent près de 800 policiers et gendarmes.

Ces annonces ne convainquent pas les principaux intéressés. Pour Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, les demi-journées banalisées ressemblent à une « tentative de museler le débat, de noyer le poisson et de gagner du temps ». Les ministres « ne prennent pas au sérieux » les élèves, tranche Clara, en seconde au lycée Condorcet à Paris, devant son établissement bloqué. Ces temps d’échange ne présenteront un intérêt, selon elle, que s’ils débouchent sur « des mesures concrètes ». Le principal syndicat des chefs d’établissement, le SNPDEN-UNSA, refuse de les organiser et réclame une rencontre avec le président de la République, accompagné d’élèves.

Sur le terrain, la carte reste contrastée. À Bordeaux, un seul lycée demeurait bloqué et deux autres étaient fermés à cause de dégradations. À Marseille, les pompiers sont intervenus devant le lycée Marie-Curie pour un adolescent blessé à la tête. « C’était pacifique, on a fait une chaîne humaine. Je me suis fait gazer, je n’ai jamais eu ça de ma vie », dénonce Linda, 16 ans, en terminale. À Paris, Hélène Boucher et Voltaire figurent parmi les établissements encore paralysés, des poubelles barrant de nouveau l’accès aux portes. Sciences Po Paris était également bloquée, avec un face-à-face entre étudiants et forces de l’ordre.

À Toulouse, Léa veut y croire, devant les grilles du lycée Ozenne. « La manifestation de mardi nous a boostés. La lutte continue. On va finir par être écoutés. » À Lyon, entre 200 et 300 lycéens se massaient devant Ampère-Diderot, entrée condamnée par des barrières métalliques enchevêtrées. « Si on s’arrête maintenant, le gouvernement va penser que la répression policière a marché pour faire taire les lycéens », estime Anna, en terminale.

La journée nationale de mardi avait rassemblé entre 266 000 et 450 000 manifestants, sans incidents majeurs. Dès le lendemain, les syndicats ont appelé à poursuivre le mouvement « après le raz-de-marée du 6 octobre ». « Dès demain, nous appelons encore à la mobilisation générale », a lancé Ryad Rani. Le Snes-FSU, la CGT, FO et Sud rejoignent l’appel à la grève pour jeudi. Parmi les revendications figure la suppression de Parcoursup, que le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste refuse, jugeant cette demande « d’une immense démagogie ».

L’enseignement supérieur ouvre un second front pour l’exécutif, avec 40 % des établissements perturbés mardi. Philippe Baptiste doit recevoir les organisations professionnelles puis les organisations étudiantes. L’Union étudiante recense 80 campus bloqués, vingt de plus que la veille. « On ne va rien arrêter », assure sa porte-parole, Sabrine Kharbach.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus