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Missiles russes sur l’Ukraine, au moins vingt morts et un hiver sous tension

Au moins vingt personnes ont été tuées dans une nouvelle vague de frappes russes, dont quatorze à Prylouky où un immeuble a été éventré. À mesure que…

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Missiles russes sur l'Ukraine, au moins vingt morts et un hiver sous tension

Au moins vingt personnes ont été tuées dans une nouvelle vague de frappes russes, dont quatorze à Prylouky où un immeuble a été éventré. À mesure que l’hiver approche, les Ukrainiens redoutent de revivre les coupures d’électricité de l’an dernier.

La nuit a été longue et meurtrière en Ukraine. Au moins vingt personnes ont perdu la vie dans une série de frappes russes, parmi lesquelles quatorze à Prylouky, dans la région de Tcherniguiv, au nord du pays. Un missile a détruit deux cages d’escalier d’un immeuble résidentiel, selon le Parquet. Les secours fouillent les décombres de ce bâtiment éventré et évacuent les corps des victimes. Le dernier bilan fait état de quatre enfants parmi les morts et de cinquante blessés, dont sept enfants.

Volodymyr Zelensky n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé l’une des attaques les plus ignobles depuis le début du conflit, évoquant soixante-dix missiles, dont beaucoup de balistiques, plus difficiles à intercepter, ainsi que des drones lancés sur douze régions. Selon lui, l’infrastructure énergétique figurait parmi les cibles principales. L’arrivée de l’hiver ravive une inquiétude précise, celle de revoir le scénario de l’an passé, quand les sites énergétiques étaient pilonnés sans relâche et des millions de foyers plongés dans le noir et le froid. À Kiev, des restrictions sur la consommation d’énergie sont déjà en place. Le président ukrainien réclame à ses alliés davantage de systèmes capables d’abattre les missiles balistiques. Il a aussi rapporté deux morts à Oleksandrya et deux à Krementchouk, dans le centre du pays, ainsi que deux autres dans la capitale.

Dans Kiev, la peur s’est installée dans le quotidien. Des explosions ont retenti toute la nuit, après le lancement d’une alerte aux missiles balistiques. Iryna Rybalchenko, employée de banque de quarante et un ans, s’est réfugiée dans le métro. « Tout Kiev vit dans la peur », a-t-elle témoigné, expliquant avoir rassemblé ses affaires après avoir entendu la mise en garde de Volodymyr Zelensky, qui avait averti la veille d’un risque d’attaque massive sur la capitale. Daria Medvedeva, économiste de trente-six ans, raconte la même routine. Après une première frayeur qui a terrifié ses enfants, chaque gros bombardement la pousse à descendre dans le métro. La ville est visée jour et nuit, contre une série de cibles allant des entrepôts aux sites logistiques en passant par les ponts. Deux des principaux ponts de la capitale ont été touchés récemment, et mardi l’opérateur local DTEK a instauré des restrictions d’électricité après des attaques contre des installations énergétiques. La semaine dernière, le maire Vitaly Klitschko avait décrit une situation dramatique, accusant Moscou de vouloir saccager la ville. Ces alertes à répétition pèsent aussi sur l’économie, la population étant invitée à quitter son poste de travail pour se mettre à l’abri.

Zaporijjia, dans le centre du pays, a également été visée dans la nuit. Une infrastructure de transport y a été attaquée, selon le chef de l’administration militaire locale, Mykhailo Semikin, qui n’a pas donné plus de détails. De son côté, le ministère russe de la Défense affirme avoir frappé à Kiev et dans sa région ainsi que dans celle de Tcherniguiv, visant des usines qui assemblent et stockent des missiles de croisière, dont les Flamingo ukrainiens, et des drones de longue portée. Des témoignages non confirmés font état de dégâts sur le grand pont à haubans qui traverse le Dniepr, inauguré quelques semaines avant le début de l’offensive russe de février 2022.

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