Politique
La colère des lycées déborde et met l’exécutif sous pression
Le ministre de l’Education reçoit les syndicats lycéens et étudiants pour tenter d’apaiser une mobilisation qui a débordé le cadre scolaire. Entre appels…


Le ministre de l’Education reçoit les syndicats lycéens et étudiants pour tenter d’apaiser une mobilisation qui a débordé le cadre scolaire. Entre appels au calme et règlements de comptes politiques, l’exécutif cherche une porte de sortie.
La rencontre était attendue. Le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, s’assoit à la même table que les représentants des syndicats lycéens et étudiants, avec un objectif simple, calmer une mobilisation partie des établissements et qui a gagné quelques universités. Le mouvement, né dans l’académie de Créteil, a pris de court le pouvoir. Plus de 400 lycées sont restés fermés, et 1.207 ont connu des perturbations depuis le début de la contestation.
Le ton, lui, a changé. Ce qui ressemblait à une grogne scolaire a basculé, selon le gouvernement, vers des scènes de violences urbaines. Edouard Geffray déplore une situation qui s’est dégradée, convaincu que la mobilisation a été prise en otage par des éléments violents. Le bilan humain s’alourdit. Soixante-cinq membres du personnel de l’éducation nationale ont été blessés, parmi lesquels quarante proviseurs. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, évoque de son côté plus de trois cents policiers et gendarmes blessés, et plus de soixante enseignants ou chefs d’établissement attaqués physiquement.
Les interpellations, elles, se comptent par milliers. Depuis le début du mouvement, deux mille personnes ont été arrêtées, dont neuf sur dix sont mineures. Gérald Darmanin a demandé aux procureurs généraux de poursuivre la responsabilité civile des parents de ces jeunes auteurs de violences. Le garde des Sceaux, qui a réuni les magistrats en visioconférence, ne cache pas son inquiétude face à de possibles débordements à venir, alors que les syndicats appellent à une nouvelle journée de manifestation.
Sur le terrain politique, les accusations fusent. L’entourage de Sébastien Lecornu attribue l’origine du mouvement à La France insoumise et à ses relais d’ultra gauche, en s’appuyant sur les renseignements des services. En face, Manuel Bompard renverse la charge. Pour le coordinateur de la gauche, le vrai responsable siège à Matignon et porte le nom de Lecornu, accusé d’avoir, budget après budget, supprimé des postes d’enseignants, de surveillants et d’équipes éducatives.
Les revendications, elles, restent entières. Le président de l’Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, réclame un recrutement massif d’enseignants et un plan d’urgence pour le bâti scolaire. Les syndicats étudiants ont, eux, balayé la proposition ministérielle d’une plateforme de concertation, jugée trop vague pour répondre à la colère. A sept mois de la présidentielle, le gouvernement qualifie certaines demandes de légitimes, tout en condamnant la violence et ce qu’il appelle une instrumentalisation politique.
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