Politique
Un maire LFI assume sa présence auprès des lycéens en colère
Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, ne compte pas reculer. Il revendique sa place auprès des jeunes mobilisés, au moment même où le préfet de police…


Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, ne compte pas reculer. Il revendique sa place auprès des jeunes mobilisés, au moment même où le préfet de police de Paris saisit la justice contre lui.
Depuis une semaine, les blocages se multiplient dans les lycées et la grogne a changé de nature. À sept mois de l’élection présidentielle, le mouvement s’est doublé d’un bras de fer entre le gouvernement et La France insoumise. C’est dans ce climat que le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, s’est rendu dans les établissements de sa ville.
Il assume. Interrogé sur la légitimité de sa présence sur les lieux de blocage, l’élu insoumis répond sans détour qu’un élu a sa place auprès des habitants. Les lycéens en font partie, au même titre que les sans-papiers concernés par un dossier ou les agents mobilisés pour la défense du service public. Sa responsabilité, dit-il, c’est de s’intéresser à l’ensemble de la population.
C’est au lycée Paul-Eluard qu’il s’est montré en début de semaine, un établissement dont une partie du portail principal a été renversée pendant les actions de blocage. L’école est restée exceptionnellement fermée une journée entière, une décision transmise aux élèves et aux personnels par l’équipe de direction. Objectif affiché, garantir les meilleures conditions de sécurité à toute la communauté scolaire et laisser le temps de terminer la remise en état du portail.
Cette proximité avec les jeunes mobilisés vaut pourtant au maire une réponse judiciaire. Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a saisi la justice pour des faits présumés de provocation à commettre un délit. Son entourage vise explicitement les propos et l’attitude de l’édile, jugés susceptibles de banaliser, auprès des jeunes mobilisés, des comportements violents ou des dégradations.
Bally Bagayoko refuse de plier. Il dénonce des violences commises par les forces de l’ordre et raconte avoir lui-même été aspergé de gaz lacrymogène en début de semaine. Aux autorités, il demande d’appeler au calme, en soulignant que calmer passe aussi par des consignes précises transmises à la police nationale.
Le dossier a désormais une ampleur nationale. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a fustigé la surenchère irresponsable d’élus insoumis qui appellent à étendre les blocages, quand Jean-Luc Mélenchon reproche à l’exécutif d’avoir ordonné la répression. Deux lectures opposées d’un même mouvement, à quelques mois d’une échéance électorale qui pèse sur chaque prise de parole.
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