Économie
Le vin français au plus bas, le Sud limite les dégâts
La production viticole tricolore devrait plonger une nouvelle fois en 2026, vers un niveau historiquement faible. Un tableau contrasté, où les régions du…


La production viticole tricolore devrait plonger une nouvelle fois en 2026, vers un niveau historiquement faible. Un tableau contrasté, où les régions du Sud s’en sortent bien mieux que celles du Nord.
Avec près de 35 millions d’hectolitres attendus, la vendange française s’annonce une fois de plus décevante. C’est 2 % de moins que la récolte déjà maigre de 2025, et 14 % sous la moyenne des cinq dernières années. Un niveau qui confirme une tendance lourde, alors que 2025 avait déjà signé la plus faible production du pays depuis 1957.
Deux causes se cumulent. Les surfaces cultivées ont d’abord fondu de 1,9 % en un an, effet direct d’un plan gouvernemental qui encourage l’arrachage des vignes, total avec arrêt de l’activité, ou partiel pour réorienter la production. À cela s’ajoute un été chaud et sec, dont les canicules ont brûlé et flétri les baies.
Les prévisions ont néanmoins été relevées au fil de la saison. Les pluies de fin d’été ont atténué les dégâts, notamment dans le Languedoc-Roussillon, où les rendements dépassent les attentes.
Le contraste entre régions est frappant. Dans le Sud, la vigne a tenu bon. Le Languedoc-Roussillon, malgré 3 % de surfaces en moins, devrait produire 20 % de plus qu’en 2025 et dépasser sa moyenne quinquennale de 2 %. Le Bordelais grimpe de 10 % sur un an, le Sud-Ouest de 12 %. Plus au nord, la donne change. La Champagne voit sa récolte divisée par deux, par rapport à 2025 comme à la moyenne des cinq ans. La Bourgogne et le Beaujolais reculent de 22 % sur un an et de 30 % sous la moyenne. Le Val de Loire perd 7 %, avec des baies d’un poids historiquement faible.
Une hétérogénéité que Jérôme Despey, vigneron dans l’Hérault et président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, dit n’avoir jamais connue. Les régions du Sud ont, selon lui, appris à encaisser. Depuis cinq ou six ans, leurs vignerons ont adapté la conduite du vignoble, moins d’effeuillage, moins d’écimage, afin que le feuillage protège le raisin. Elles ont aussi bénéficié de pluies jusqu’en mai, de quoi refaire des réserves.
Reste une bonne nouvelle. La récolte est saine, épargnée par les champignons et autres maladies de l’humidité. Les vignerons ont pu vendanger au bon moment, à maturité optimale, de quoi signer un excellent millésime 2026 en qualité. En Champagne, le producteur Claude Mandois n’a certes récolté que les trois quarts d’une année moyenne, mais il parle d’une vendange visuellement et gustativement exceptionnelle.
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