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Interdire les milliardaires, le nouveau combat qui fédère à gauche

La campagne présidentielle repart sur les chapeaux de roues avec une question qui déchire. Faut-il faire payer les ultra-riches beaucoup plus…

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Interdire les milliardaires, le nouveau combat qui fédère à gauche

La campagne présidentielle repart sur les chapeaux de roues avec une question qui déchire. Faut-il faire payer les ultra-riches beaucoup plus qu’aujourd’hui, quitte à les faire disparaître de la carte ?

La rentrée politique est électrique et les Insoumis attaquent fort. L’eurodéputée Manon Aubry a assumé des mots très durs pendant le week-end, comparant les milliardaires à des nuisibles et réclamant leur interdiction pure et simple. Sa collègue Mathilde Panot a enchaîné mardi en assurant que les plus riches ont tourné le dos à la solidarité nationale et qu’il faut donc les faire sortir du jeu. Derrière ces formules choc, il y a un constat partagé par toute une partie de la gauche, la contribution des plus gros patrimoines aux caisses publiques reste très insuffisante.

Le programme défendu par Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle est précis sur ce terrain. Il prévoit de rétablir l’impôt sur la fortune, d’instaurer un impôt minimum de 2% sur les patrimoines qui dépassent 100 millions d’euros, ce que l’on appelle la taxe Zucman, et de créer quatorze tranches d’imposition pour alléger le fardeau de ceux qui gagnent moins de 4 euros par mois. Côté héritage, tout ce qui dépasse le seuil de 12 millions d’euros serait prélevé. Mathilde Panot cite les données de l’Insee pour appuyer son raisonnement, il faut six générations pour sortir de la pauvreté en France. Et elle ironise sur les milliardaires qui n’ont souvent d’autre mérite que d’être bien nés, avec une cuillère en argent dans la bouche.

Mais les Insoumis ne sont pas les seuls à durcir le ton. La socialiste Philippe Brun, candidat à la primaire de son camp, reprend lui aussi le seuil de 4 euros mensuels, cette fois pour proposer une baisse de la CSG et augmenter le salaire net. Raphaël Glucksmann, qui espère remporter la primaire avec le Parti socialiste, veut taxer 1% des héritages pour financer une réduction des cotisations salariales de 15 milliards d’euros. Il rappelle que les deux tiers du patrimoine des Français viennent aujourd’hui de l’héritage, alors que c’était l’inverse il y a cinquante ans. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, appelle même au courage politique de taxer l’héritage dès le premier euro. Marine Tondelier, la cheffe des Écologistes, pousse plus loin encore en évoquant une nouvelle nuit du 4 août pour en finir avec les privilèges, et rappelle l’empreinte carbone colossale des plus grandes fortunes mondiales.

La taxe Zucman, elle, a déjà connu un premier round à l’Assemblée nationale, adoptée avec les voix de toute la gauche et l’abstention du Rassemblement national en février dernier. Le Sénat l’a ensuite rejetée et aucune seconde lecture n’a été programmée depuis, mais l’idée reste bien vivante dans les programmes. La campagne qui s’annonce va donc tourner autour d’une question simple, comment faire contribuer les plus riches à l’effort commun. Les mots sont féroces et les positions se radicalisent, preuve que le sujet touche une corde sensible dans l’opinion.

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