Politique
Merz sous pression face à un été qui met l’Allemagne à l’épreuve
Le chancelier allemand tente de rassurer alors que canicule, feux de forêt et Rhin au plus bas ravagent le pays. Son gouvernement est accusé de trop…


Le chancelier allemand tente de rassurer alors que canicule, feux de forêt et Rhin au plus bas ravagent le pays. Son gouvernement est accusé de trop tarder.
Il a défendu son bilan, mais les flammes et la sécheresse parlent pour lui. Friedrich Merz a pris la parole mardi pour rappeler son engagement contre le réchauffement climatique, tout en reconnaissant que l’Allemagne doit mieux se préparer aux épisodes extrêmes. « Nous devons continuer à freiner le changement climatique et, dans le même temps, mieux adapter notre pays à ses conséquences », a insisté le dirigeant conservateur, en marge d’un séminaire de sa coalition avec les sociaux-démocrates. Il a appelé à tirer des leçons durables de cet été caniculaire.
Les traces sont partout. Le Rhin n’a jamais été aussi bas. Les viticulteurs et les céréaliers voient leurs récoltes fondre. Les feux de forêt gagnent du terrain. Un secteur sinistré, en particulier dans l’ouest, où 300 à 400 hectares sont partis en fumée à Hürtgenwald au mois d’août. Quelque 1 800 personnes ont dû évacuer. Des « lourds dégâts », admet le chancelier, qui y voit une preuve concrète qu’il faut agir. La santé, l’agriculture, l’industrie sont toutes touchées.
Mais sur le terrain politique, la colère monte. Les Verts, désormais dans l’opposition, et les ONG dénoncent un gouvernement qui a mis la compétitivité des entreprises au premier plan depuis son arrivée au pouvoir en mai 2025, reléguant l’environnement au second rang. Même au sein de la coalition, les fractures apparaissent. Le SPD pousse pour inscrire la protection de la nature et l’adaptation climatique dans les missions communes de l’État fédéral et des Länder, afin de mieux coordonner les financements. La CDU de Merz freine des quatre fers.
Julia Verlinden, vice-présidente des écologistes au Bundestag, a lancé une pique sévère. « Au SPD, un fossé se creuse entre les paroles et les actes », a-t-elle déclaré, pointant des programmes fédéraux d’adaptation réduits ou pas augmentés. Le message est clair. Les annonces de Merz, pour l’heure, peinent à convaincre. L’Allemagne reste face à un choix douloureux entre soutenir son industrie en crise et protéger son territoire. Et l’été prochain, lui, n’attendra pas.
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