Faits Divers
Elle a filmé, fui et fait tomber un magnat des assurances
Il était à la tête d’un empire de l’assurance, il est aujourd’hui au bord du procès pour traite et viols sur mineure. Aïcha, qui dénonce les faits depuis…


Il était à la tête d’un empire de l’assurance, il est aujourd’hui au bord du procès pour traite et viols sur mineure. Aïcha, qui dénonce les faits depuis quatre ans, voit sa parole enfin entendue par la justice.
Il a passé des décennies à bâtir un empire dans l’assurance. Jacques Bouthier, 79 ans, fondateur d’Assu 2000, est désormais face à la justice. Le parquet de Paris réclame son procès pour traite d’êtres humains et viols sur une personne mineure, ainsi que celui de quatre complices présumés, dont son épouse. L’ancien patron a un temps figuré parmi les 500 plus grosses fortunes françaises avant de voir son nom entraîné dans ce dossier.
Au centre de l’affaire, le témoignage d’Aïcha, un prénom d’emprunt. Cette Marocaine est débarquée en France à 16 ans, déscolarisée et coupée de tout. Selon l’enquête, elle aurait été réduite à se prostituer. Réservée à Jacques Bouthier pendant des années, elle était hébergée par lui, parfois payée, en échange de rapports sexuels. L’homme lui faisait miroiter la régularisation de ses papiers. Sur une écoute téléphonique, il se vante même d’avoir abusé d’elle alors qu’elle avait 16 ou 17 ans.
Ce qui provoque sa chute, c’est un piège tendu par Aïcha. Quand Bouthier lui réclame une fille plus jeune, elle lui amène une adolescente découverte dans un camp de Roms en Seine-Saint-Denis. L’ancien magnat, torse nu dans un lit, lui propose 200 euros pour un « petit câlin tranquille ». Aïcha filme la scène, puis s’enfuit en emportant les vêtements et les papiers de l’homme. Elle se présente ensuite au commissariat. Sa parole lance enfin l’enquête.
L’instruction met au jour un système bien organisé. Des témoins décrivent un homme attiré par les femmes maghrébines, qu’il hébergeait dans ses appartements en échange de faveurs sexuelles. L’une d’elles lui aurait même présenté sa petite sœur, âgée de 11 ans. Jacques Bouthier, libéré sous contrôle judiciaire pour raisons médicales, continue de nier les viols et la traite. Il admet seulement avoir exploité la vulnérabilité de jeunes femmes précaires.
Le dossier ne s’arrête pas là. Le parquet demande aussi que l’ancien patron soit jugé pour association de malfaiteurs, pour avoir usé de son argent et de son influence afin de maintenir Aïcha sous emprise. Il réclame également un second procès pour corruption. L’homme aurait versé un million d’euros pour tenter de faire disparaître la plainte et renvoyer la jeune femme au Maroc. Cinq personnes sont visées dans ce volet, dont un ancien membre du GIGN et trois policiers.
L’affaire dépasse les frontières. En 2024, d’anciens collaborateurs de Bouthier au Maroc ont été condamnés pour des faits de traite et de harcèlement sexuel dans les locaux d’Assu 2000 à Tanger. Côté français, la perspective d’un procès criminel suscite un soulagement. L’avocat d’Aïcha salue une étape essentielle pour une victime longtemps ignorée. L’association Innocence en danger, partie civile, y voit un signal positif dans la lutte contre l’impunité des violences sexuelles sur mineurs.
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 2 joursLe pare-feu sauvage du Cap-Ferret devant la justice



SociétéEn Ligne 6 joursÀ Vienne, une plainte pour pipi gratuit secoue la mairie



SportsEn Ligne 4 joursPaul Seixas a fini le Tour la tête vidée, puis a gagné aux Pays-Bas



PlanèteEn Ligne 3 joursLe narval et sa corne mythique livrent leur secret à la science



Faits DiversEn Ligne 6 joursUn brasier géant ravage les forêts belges et met un village sous tension



CultureEn Ligne 4 joursMille fans ont chanté Bonnie Tyler une dernière fois dans les rues de Swansea



PolitiqueEn Ligne 4 joursFrançois Hollande sort du bois pour exister à nouveau dans la course présidentielle



Faits DiversEn Ligne 4 joursLe butin des pirates du fisc aurait déjà trouvé preneur








