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Portables interdits au lycée dès la rentrée, mais les établissements sont-ils prêts ?

Les lycées peuvent désormais mettre en place l’interdiction des téléphones portables. Problème, la plupart n’ont pas eu le temps de s’organiser

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Portables interdits au lycée dès la rentrée, mais les établissements sont-ils prêts ?

Les lycées peuvent désormais mettre en place l’interdiction des téléphones portables. Problème, la plupart n’ont pas eu le temps de s’organiser

La décision est tombée. Le président Emmanuel Macron a promulgué une loi qui autorise les lycées à interdire les téléphones portables, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon au sortir du Conseil des ministres. Cette mesure pourra s’appliquer dès la rentrée. Le cadre juridique, lui, est stable, consolidé et fondé sur la loi. Il ne manque plus que la mise en œuvre sur le terrain.

Mais sur le terrain, c’est une autre histoire. François Resnais, secrétaire national du SNPDEN-UNSA, le principal syndicat des chefs d’établissements, dénonce un mauvais timing. Peu d’établissements ont eu le temps de modifier leur règlement intérieur. Or c’est une étape obligatoire avant d’interdire les portables. Une circulaire avait demandé aux lycées de se préparer pour cette échéance, avec un guide pratique à l’appui. Mais la procédure ne s’improvise pas. Modifier le règlement intérieur oblige à consulter le conseil des délégués pour la vie lycéenne, puis le conseil d’administration. Et les lycées sont restés fermés pendant les vacances. Beaucoup n’ont donc pas pu boucler le calendrier. Résultat, la règle ne figure pas dans les règlements intérieurs de la plupart des établissements. Seuls quelques-uns ont tenté d’anticiper, et encore de façon très parcellaire, regrette François Resnais.

La même loi contenait une autre disposition de poids, celle qui devait protéger les adolescents des effets nocifs des réseaux sociaux en leur interdisant d’y accéder avant quinze ans. C’est cette disposition que le Conseil constitutionnel a censurée, après avoir été saisi par des députés socialistes et de La France insoumise. Selon les sages, elle portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication des jeunes. Elle n’était ni adaptée, ni nécessaire, ni proportionnée.

Le gouvernement ne laisse pas tomber cette idée. Emmanuel Macron a demandé à Sébastien Lecornu de retravailler le texte en tenant compte des remarques du Conseil constitutionnel. L’objectif est de parvenir à un cadre solide d’ici le printemps prochain pour protéger les plus jeunes. En attendant, les lycées devront composer avec une règle qui arrive plus vite que leur organisation. Et avec des règlements intérieurs qui, pour beaucoup d’entre eux, ne la mentionnent pas encore.

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