Nous rejoindre sur les réseaux

Faits Divers

Des dizaines de villageois enlevés et tués pendant la prière du vendredi au Nigeria

Au moment où les fidèles achevaient leur grande prière hebdomadaire, des hommes armés ont semé la mort dans deux localités de l’ouest du Nigeria. Le bilan…

Article

le

Des dizaines de villageois enlevés et tués pendant la prière du vendredi au Nigeria

Au moment où les fidèles achevaient leur grande prière hebdomadaire, des hommes armés ont semé la mort dans deux localités de l’ouest du Nigeria. Le bilan reste incertain, mais les rescapés racontent des rafles et des massacres.

C’est pendant l’office religieux que le drame s’est joué. Plusieurs centaines d’hommes équipés de fusils, de couteaux et de machettes ont encerclé le village de Dikera, dans la zone de Borgu, à la frontière du Bénin. Ils ont frappé peu après la fin de la prière collective du vendredi, selon un survivant et un député fédéral présents sur place. Le groupe armé, connu sous le nom de Lakurawa, aurait pris pour cible les habitants en les accusant de ne pas suivre les vrais préceptes de l’islam. Ce groupe reste encore mal connu, mais des chercheurs le rattachent à la branche sahélienne de l’État islamique, active au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

Les assaillants ne se sont pas arrêtés à Dikera. Le village voisin de Binzi a également été touché. D’après les témoignages, certains habitants ont réussi à fuir lorsqu’un autre groupe jihadiste, appelé Mahmuda, est intervenu pour affronter les premiers. Ce groupe aurait combattu les Lakurawa en raison de désaccords sur leur doctrine. Malgré cette résistance, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées et beaucoup d’autres emmenées de force dans la brousse, affirment les rescapés. La police de l’État du Niger, elle, dit avoir été informée des enlèvements sans avoir reçu d’informations sur d’éventuelles victimes.

Cette attaque s’inscrit dans un climat de violence qui ronge le Nigeria depuis près de vingt ans. Le pays fait face à une insurrection jihadiste historique, surtout concentrée dans le nord-est, où Boko Haram et la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique restent puissants. Les enlèvements de masse y sont devenus une arme redoutable, comme en 2014 lorsque des centaines de collégiennes avaient été arrachées à Chibok. Mais la zone frappée vendredi se trouve à l’ouest, le long de la frontière béninoise, une région de plus en plus exposée aux mouvements armés venus du Sahel.

Les autorités peinent à endiguer ces violences. En août dernier, le gouvernement nigérian avait annoncé avoir démantelé le groupe Mahmuda et une autre organisation, Ansaru, en arrêtant leurs chefs. Pourtant, les attaques continuent et les forces de sécurité se retrouvent débordées par des fronts multiples. Dans le nord-ouest et le centre, des bandes sans idéologie pillent les villages, enlèvent contre rançon et font payer les agriculteurs et les mineurs. Les enlèvements rapportent des millions de dollars, et malgré l’interdiction officielle des rançons, la tentation de payer reste forte. L’armée américaine a d’ailleurs mené des frappes contre des cibles jihadistes dans le nord-ouest à la fin de l’année dernière, signe que la menace dépasse désormais les seules frontières du Nigeria.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus