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Les Bourses européennes repiquent du nez, la dette française en ligne de mire

Les places du Vieux Continent ont rouvert en baisse, rattrapées par la remontée des rendements obligataires. En France, la fébrilité budgétaire pousse le…

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Les Bourses européennes repiquent du nez, la dette française en ligne de mire

Les places du Vieux Continent ont rouvert en baisse, rattrapées par la remontée des rendements obligataires. En France, la fébrilité budgétaire pousse le coût de la dette à dix ans vers de nouveaux sommets.

Les investisseurs européens n’auront pas gardé leur élan bien longtemps. Après une séance de répit la veille, les grandes Bourses du continent repartaient à la baisse dès l’ouverture. Le CAC 40 lâchait 0,69% pour s’installer à 7.811,13 points, le Dax allemand cédait 0,87% et le FTSE 100 britannique 0,47%. Plus largement, l’indice EuroStoxx 50 reculait de 0,91%, le FTSEurofirst 300 de 0,53% et le Stoxx 600 de 0,52%. Un repli presque général, qui dit assez l’ampleur du mouvement de fond en train de s’installer.

Ce qui pèse, c’est la flambée des rendements obligataires à l’échelle planétaire, repartie de plus belle. Et nulle part elle ne se fait sentir aussi fort qu’en France, où les interrogations sur la trajectoire des finances publiques atteignent un point critique. Le rendement de l’OAT à dix ans bondissait de plus de neuf points de base, à 4,8383%, effaçant le repli de plus de onze points enregistré la veille. L’écart avec le Bund allemand de même échéance se creusait de nouveau, jusqu’à 134 points de base. Autrement dit, prêter à l’État français coûte nettement plus cher qu’à son voisin d’outre-Rhin, et l’écart continue de se creuser.

Cette tension budgétaire, Emmanuel Moulin ne la contourne pas. Le gouverneur de la Banque de France a reconnu une situation « grave », tout en insistant sur l’existence d’une porte de sortie. Sa recette tient en une phrase, et elle passe par le vote d’un budget dont le déficit ne dépasserait pas 5%. Sur la table depuis la semaine dernière, le projet de budget 2027 prévoit pas moins de 43 milliards d’euros d’économies supplémentaires. Reste l’inconnue majeure, celle du parcours parlementaire, dans une Assemblée profondément fracturée où chaque vote s’annonce incertain.

Les marchés n’ont pas fini de surveiller un autre front, celui des prix de l’énergie. Les cours du pétrole grignotaient un peu de terrain, dans un contexte de nouvelle montée des tensions entre l’Arabie saoudite et les Houthis au Yémen. De quoi rappeler que le conflit au Moyen-Orient reste une menace directe pour l’approvisionnement, et nourrir en creux les craintes inflationnistes qui travaillent déjà les investisseurs.

Quelques valeurs tiraient pourtant leur épingle du jeu. Forvia s’adjugeait 4,7%, portée par l’annonce d’une coentreprise avec le groupe indien Anand. Porsche, qui présentait ses perspectives de long terme, avançait de son côté de 3,2%. Deux exceptions dans une matinée décidément orientée à la baisse.

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