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L’Iran ne plie pas face au « D-Day économique » de Washington

Téhéran dénonce une manœuvre désespérée des États-Unis après l’annonce d’une offensive financière massive. Entre inflation galopante, détroit d’Ormuz et…

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L'Iran ne plie pas face au "D-Day économique" de Washington

Téhéran dénonce une manœuvre désespérée des États-Unis après l’annonce d’une offensive financière massive. Entre inflation galopante, détroit d’Ormuz et médiations, la guerre économique ne fait que commencer.

Le secrétaire américain au Trésor a promis lundi une offensive financière d’une ampleur inédite contre l’Iran. L’objectif est clair, couper les dernières lignes de survie de la République islamique. Dans un texte publié le jour même, il a même évoqué un « D-Day économique », en référence au débarquement allié de 1944. Il assure que les capacités militaires iraniennes sont déjà presque entièrement détruites et que le programme nucléaire a été stoppé.

Face à cette démonstration de force, Téhéran oppose un flegme railleur. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a lancé un défi logique. Si les États-Unis ont vraiment gagné, pourquoi auraient-ils besoin de lancer la plus grande invasion financière de l’histoire et de mobiliser toutes les institutions du pays ? Pour lui, cette débauche de moyens ressemble à un aveu de défaite. Washington promet pourtant de détailler les mesures dans la journée et prévient que tout pays maintenant des liens avec l’Iran précipiterait sa propre économie vers les oubliettes. En retour, Téhéran menace de représailles ceux qui se joindraient à ces sanctions.

La réalité économique, elle, est brutale. L’inflation dépasse les 66% sur un an et la monnaie nationale ne cesse de s’effondrer. Avant le conflit, un dollar valait 1,65 million de rials. Il en faut désormais presque 1,9 million. Les exportations de pétrole ont chuté de 2 millions de barils par jour à seulement 400 000 en six mois, leur plus bas niveau depuis le début de la guerre. Le président iranien lui-même reconnaît de nombreuses difficultés économiques. Dans les rues de Téhéran, une pharmacienne confie que la population est à bout et que les gens ne pourront pas tenir encore longtemps. Un homme de 65 ans appelle au contraire à renforcer la puissance du pays pour éviter une guerre.

Le détroit d’Ormuz reste au cœur de la tension. Ce passage stratégique, où transite un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran presque sans interruption depuis six mois. L’Iran refuse tout retour à la situation d’avant-guerre et discute depuis des semaines avec Oman, l’autre pays riverain. Le chef de la diplomatie omanaise est attendu mardi à Téhéran, tout comme le chef de l’armée pakistanaise qui joue les médiateurs. Cette situation fait grimper les prix du pétrole et met la pression sur Donald Trump à quelques mois des élections de mi-mandat.

Les alliés de Téhéran attisent aussi le feu. Les rebelles houthis du Yémen multiplient les attaques contre la flotte en mer Rouge et les installations pétrolières saoudiennes. Lundi, un pétrolier battant pavillon saoudien a pris feu au large de Yanbu après avoir été touché par un projectile. Côté diplomatique, la Chine estime que les sanctions et la pression américaines ne régleront rien. Les Émirats arabes unis ont eux décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre tous les échanges commerciaux et les transactions financières avec l’Iran. Les menaces de représailles fusent des deux côtés, alors que le conflit régional dure depuis près de six mois.

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