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Le détroit d’Ormuz se vide, le pétrole reste cher

La guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël a presque vidé le détroit d’Ormuz. Moins de 20 navires le traversent par jour, contre 140 avant le…

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Le détroit d'Ormuz se vide, le pétrole reste cher

La guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël a presque vidé le détroit d’Ormuz. Moins de 20 navires le traversent par jour, contre 140 avant le conflit.

Les chiffres du week-end donnent le vertige. Quatre navires ont franchi le détroit dimanche, treize samedi et seize vendredi, selon le service de suivi maritime Kpler. Avant le déclenchement des hostilités, le 28 février, on comptait entre 130 et 140 passages quotidiens. Le trafic est donc tombé à une fraction de ce qu’il était. Prudence toutefois, ces statistiques pourraient être légèrement sous-évaluées, car certains bateaux désactivent leur transpondeur pour passer inaperçus.

Ce ralentissement extrême n’est pas un hasard. Téhéran a riposté à la guerre menée par les États-Unis et Israël en verrouillant de fait ce passage stratégique, essentiel au transport maritime des hydrocarbures. Les prix du pétrole en ont immédiatement profité pour s’envoler. Ils restent aujourd’hui au-dessus de 90 dollars le baril, et rien n’indique un retour à la normale. Les deux camps revendiquent chacun le contrôle du détroit tout en promettant une escalade.

L’agence britannique UKMTO a publié lundi son propre bilan. Entre les 15 et 21 août, 89 navires sont sortis du détroit et 103 y sont entrés. Par rapport aux niveaux d’avant le conflit, le trafic détecté via le système d’identification automatique chute d’environ 90%. Même ce maigre flux est en baisse, après un pic enregistré fin juin. Depuis le 6 juillet, l’agence a recensé 23 incidents liés à des impacts de projectiles. Les passerelles, les salles des machines et les structures de plusieurs navires ont été endommagées.

Dans les faits, les compagnies maritimes annulent leurs traversées ou modifient leurs itinéraires pour contourner la zone. Le détroit d’Ormuz est un verrou essentiel du commerce pétrolier mondial, et sa quasi fermeture maintient l’économie mondiale sous pression. Sans avancée diplomatique, les cours du brut risquent de rester durablement élevés.

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