Économie
L’électrique s’impose en Europe et les automobilistes ne veulent plus faire marche arrière
Les ventes de voitures électriques décollent en Europe, poussées par la cherté du carburant et les aides publiques. La bascule semble se confirmer, même…


Les ventes de voitures électriques décollent en Europe, poussées par la cherté du carburant et les aides publiques. La bascule semble se confirmer, même si les bornes de recharge manquent encore.
Depuis le début de la guerre en Iran, la donne a changé sur les routes européennes. Les prix à la pompe ont flambé et les conducteurs cherchent des alternatives. La voiture électrique en profite pleinement. Dans une concession Renault à Letchworth, à une soixantaine de kilomètres de Londres, Adam Wood, directeur général de la marque au Royaume-Uni, observe un véritable basculement. Les commandes de modèles électriques représentent aujourd’hui plus de la moitié des ventes du groupe, contre à peine 10% il y a deux ans. « Tout le monde cherche des moyens de se protéger de la volatilité des prix du carburant et les voitures électriques sont parfaites pour ça », explique-t-il. Selon lui, l’électrique est entré dans le courant dominant.
Les industriels répondent présents. Renault a vu sa R5 devenir la voiture électrique la plus vendue en Grande-Bretagne en juillet. Le constructeur ajoute maintenant une Twingo 100% électrique à son catalogue, avec un prix de départ sous la barre des 20.000 livres sterling. L’entreprise espère que l’État britannique accordera un coup de pouce supplémentaire. De son côté, Charlotte Merrell, 32 ans, vient d’acheter une Mégane électrique, son premier véhicule à batterie. Elle explique que recharger sa voiture à la maison lui coûte un peu plus d’une livre, alors qu’elle dépensait 60 livres à la pompe pour son ancien modèle. « C’est la meilleure décision que j’aie jamais prise », assure-t-elle. « Il y a zéro chance que je fasse machine arrière. »
Les chiffres européens confirment cet engouement. Au premier semestre, les ventes de voitures électriques ont bondi de 40,5% dans l’Union européenne et représentent 20,7% des immatriculations de véhicules particuliers. En juillet, la progression s’est poursuivie avec une hausse de 13% sur les 16 marchés qui pèsent plus de 90% du marché de l’UE et de l’EFTA. Les motorisations électriques y ont atteint 25,7% des voitures neuves vendues. La plateforme de vente en ligne OLX observe la même tendance. Depuis le début de la guerre en Iran, les demandes d’information sur l’électrique ont augmenté de 84% en France, de 59% en Roumanie, de 30% au Portugal et de 19% en Pologne. Les modèles abordables des marques chinoises sont de plus en plus présents dans les recherches.
La France fait figure de bonne élève. Depuis janvier, 29% des voitures neuves immatriculées dans le pays sont électriques. En juillet, ce taux a atteint un record historique de 35%, contre 17% un an plus tôt. Le leasing social, lancé le 16 juillet, a donné un coup d’accélérateur décisif. « Ce bonus pour aider les ménages moins aisés à acquérir un véhicule électrique, et son effet d’entraînement sur les offres des constructeurs, créent un environnement qui accélère la transition », analyse Marie-Laure Nivot, directrice de l’analyse marché automobile chez AAA DATA.
De l’autre côté de l’Atlantique, le tableau est moins rose. Aux États-Unis, l’administration Trump a supprimé l’an dernier un avantage fiscal pour l’électrique. Les ventes de voitures à batterie ont augmenté de 15% au deuxième trimestre 2025, mais ont chuté de plus de 20% sur les trois mois suivants. Cox Automotive table sur un recul de 23% des ventes d’électriques sur l’année, avec une part de marché de seulement 6,2%. Le manque de modèles abordables explique en grande partie cette contre-performance.
En Europe, des questions demeurent. Romain Boscher, directeur général d’Aramisauto, reconnaît qu’une baisse des prix à la pompe pourrait freiner l’élan. Mais il estime que la demande restera plus soutenue qu’avant la guerre en Iran, car des évolutions structurelles s’ajoutent au phénomène conjoncturel. Le vrai point faible reste les infrastructures de recharge. Ian Henry, du cabinet AutoAnalysis, souligne que plusieurs millions d’Européens vivant en immeuble ne peuvent pas encore passer à l’électrique faute de bornes accessibles. « Nous pourrions être proches d’un point de saturation parce qu’il y a des gens qui aimeraient peut-être passer à l’électrique, mais qui ne le peuvent pas », prévient-il. Les pouvoirs publics devront s’attaquer à ce problème pour que la dynamique se poursuive.
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 4 joursLe pare-feu sauvage du Cap-Ferret devant la justice



SportsEn Ligne 7 joursPaul Seixas a fini le Tour la tête vidée, puis a gagné aux Pays-Bas



PlanèteEn Ligne 6 joursLe narval et sa corne mythique livrent leur secret à la science



PolitiqueEn Ligne 7 joursFrançois Hollande sort du bois pour exister à nouveau dans la course présidentielle



CultureEn Ligne 7 joursMille fans ont chanté Bonnie Tyler une dernière fois dans les rues de Swansea



PlanèteEn Ligne 2 joursQuand la mer avance, ces restaurants de plage n’ont plus le droit de rester



Faits DiversEn Ligne 7 joursLe butin des pirates du fisc aurait déjà trouvé preneur



Faits DiversEn Ligne 3 joursElle a filmé, fui et fait tomber un magnat des assurances








