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Le Canada sort les griffes et répond du tac au tac à Washington

Mark Carney a dit non à l’ultimatum commercial américain. Ottawa riposte avec des surtaxes au cent près et prévient que la bataille ne fait que commencer.

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Le Canada sort les griffes et répond du tac au tac à Washington

Mark Carney a dit non à l’ultimatum commercial américain. Ottawa riposte avec des surtaxes au cent près et prévient que la bataille ne fait que commencer.

Le ton est donné. Mark Carney a balayé d’un revers de main le projet d’accord commercial proposé par les États-Unis. Trop exigeant, pas assez généreux, a tranché le premier ministre canadien. Résultat, les négociations s’arrêtent et de nouvelles taxes douanières vont entrer en vigueur dès le 8 septembre.

L’acier, les produits laitiers, le papier, les machines agricoles et l’électronique sont dans le viseur d’Ottawa. Le montant de ces surtaxes sera calculé au dollar près pour correspondre exactement aux droits de douane américains qui frappent environ 20 milliards de dollars d’importations canadiennes, du ciment aux crosses de hockey. Carney l’assure, le Canada ne cédera pas. « Ils demandaient trop et offraient trop peu », a-t-il lancé depuis Ottawa.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le Canada vit au rythme des menaces. Le président américain parle ouvertement de faire de son voisin le 51e État. Cette fois, Washington a même touché à des produits normalement protégés par l’accord de libre-échange nord-américain. Pour Carney, c’est une déclaration de guerre. « L’Amérique a changé », a-t-il insisté, en appelant son pays à ne pas se laisser déstabiliser.

Face à cette offensive, les partis canadiens font front commun. « Notre politesse ne doit jamais être prise pour de la faiblesse », a prévenu David Eby, le dirigeant de la Colombie-Britannique. Mais l’économie risque de souffrir sérieusement. Les États-Unis restent de très loin le premier partenaire commercial du Canada, avec près de 70 % des exportations qui leur sont destinées.

Mark Carney promet un filet de sécurité pour les entreprises, avec des détails annoncés la semaine prochaine. Le chef du gouvernement veut aussi réduire la dépendance à son voisin. Depuis son arrivée au pouvoir en mars dernier, il cherche des alliés en Asie et en Europe et mise sur de grands projets comme un nouvel oléoduc entre l’Alberta et la côte Pacifique pour vendre le pétrole canadien ailleurs. « Nous sommes plus forts maintenant que nous ne l’étions lorsque les États-Unis ont entamé cette guerre commerciale. Plus unis, plus déterminés, plus ambitieux », a-t-il assuré.

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