Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

La guerre des nerfs autour du détroit d’Ormuz ne faiblit pas

Les mots sont durs et les canaux de dialogue sont coupés. Washington campe sur son blocus, Téhéran exige des garanties avant de rouvrir le passage…

Article

le

La guerre des nerfs autour du détroit d’Ormuz ne faiblit pas

Les mots sont durs et les canaux de dialogue sont coupés. Washington campe sur son blocus, Téhéran exige des garanties avant de rouvrir le passage stratégique.

Le président américain a tenté de couper court à toute ambiguïté. Aucune conversation n’est en cours ni programmée avec l’Iran, a-t-il lancé, en assurant que son blocus naval restait pleinement appliqué. Il a aussi affirmé que le détroit d’Ormuz était ouvert et fonctionnel, et que toutes les mines posées en mer avaient été enlevées ou déclenchées.

Son message contredit presque l’optimisme affiché juste avant par son émissaire Jared Kushner, qui disait avoir participé à des discussions très positives et animées. En réalité, les échanges ont été suspendus et la consigne est claire. Pas de reprise du dialogue tant que les Iraniens ne se rapprocheront pas des positions de Washington.

Les Émirats arabes unis ont eux aussi durci le ton. Ils accusent l’Iran d’avoir tiré deux missiles balistiques qui sont tombés en mer et visaient la navigation maritime. La diplomatie émiratie a annoncé la suspension de tous les échanges commerciaux et transactions financières avec l’Iran, jusqu’à nouvel ordre. Téhéran a démenti et rejeté ces accusations avec force.

Du côté iranien, le verrou ne sautera pas sans contreparties. Le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf a répété que le détroit resterait fermé tant que Washington n’aurait pas tenu ses engagements pris dans l’accord de juin, un texte qui prévoyait soixante jours de trêve et n’a débouché sur rien. Sa liste est précise. Levée du blocus naval américain, déblocage des avoirs iraniens, fin de l’embargo pétrolier et arrêt des opérations militaires sur tous les fronts.

Le président américain, lui, continue d’agiter des idées radicales sans engager le pays plus loin. Il a relancé l’idée de faire du détroit un territoire américain et a publié une carte en ce sens, après avoir menacé de bombarder Oman. Mais il semble pour l’instant privilégier l’attentisme. Le conflit est impopulaire aux États-Unis, les stocks de missiles sont déjà sérieusement entamés et l’administration parie sur les effets de la pression économique.

Malgré les affirmations de Washington, le trafic reste très loin de son niveau d’avant-guerre. Plusieurs navires coupent même leur transpondeur pour traverser la zone sans être suivis. Côté médiation, le Qatar estime qu’un accord entre l’Iran et Oman sur la gestion du détroit pourrait relancer les discussions de paix. Les deux pays riverains planchent sur ce dossier depuis des semaines et Téhéran assure que les coordonnées géographiques du tracé ont été validées. Mais l’Iran veut faire payer des frais de navigation aux bâtiments qui utilisent cette voie, une idée que les États-Unis et plusieurs pays de la région rejettent fermement.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus