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Primaire à droite, le dernier recours pour éviter la déroute

David Lisnard veut mobiliser les électeurs pour désigner un candidat unique. Il assure que sans ce vote, la droite et le centre foncent droit dans le mur.

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Primaire à droite, le dernier recours pour éviter la déroute

David Lisnard veut mobiliser les électeurs pour désigner un candidat unique. Il assure que sans ce vote, la droite et le centre foncent droit dans le mur.

Le maire de Cannes ne décolère pas. Dans une tribune publiée mardi, l’ancien Républicain, aujourd’hui candidat déclaré à la présidentielle, répète la même obsession. La droite et le centre doivent organiser une grande primaire ouverte à tous, et vite. Son argument est simple à comprendre. Sans un candidat choisi par les Français, ces familles politiques n’ont aucune chance de remporter l’élection. Il le dit sans détour, aucun nom ne s’impose naturellement à ce stade et la dispersion des candidatures mène droit à l’échec.

Les chiffres récents lui donnent raison. Un sondage publié cette semaine montre que Jean-Luc Mélenchon se qualifierait pour le second tour dans trois scénarios sur cinq, face à une Marine Le Pen toujours donnée favorite. Surtout, aucune figure de la droite ou du centre ne parvient à prendre l’avantage. Édouard Philippe, s’il est le seul représentant du bloc central, plafonne à 17 %, soit exactement le même score que le leader insoumis. Il a d’ailleurs perdu trois points en un mois. Gabriel Attal, dans la même configuration, est mesuré entre 14 et 15 %. Quant à Bruno Retailleau, il reste sous la barre des 10 % dans toutes les hypothèses. Autrement dit, le camp modéré est sinistré, et aucun de ses champions ne décolle.

C’est là que Lisnard entre en scène. Il appelle ses concurrents à regarder la réalité en face et à ne pas laisser la division saboter leurs chances. Pour lui, une primaire ouverte réglerait deux problèmes d’un coup. D’abord, elle éviterait que plusieurs candidats se neutralisent au premier tour. Ensuite, elle donnerait au vainqueur une autorité morale et politique que les négociations de coulisses ne peuvent pas offrir. Il exhume l’exemple de 2016, lorsque plus de quatre millions de Français s’étaient déplacés pour désigner le candidat de la droite. Ce souvenir lui sert de preuve. Une telle mobilisation est encore possible, à condition d’y croire.

Son idée n’a pourtant rien d’évident pour les principaux intéressés. Plusieurs ténors de la droite et du centre l’ont écartée jusqu’ici, par calcul ou par méfiance. Mais il n’est pas seul à la défendre. Le président du Sénat Gérard Larcher la soutient ouvertement. Dans un contexte où aucun sondage ne dégage un leader clair, l’hypothèse d’une primaire fait son chemin. Reste à savoir si ceux qui ont le plus à perdre accepteront de soumettre leur ambition au vote des électeurs. Lisnard, lui, n’attend plus la réponse du ciel. Il la demande aux militants et aux citoyens, et il la demande maintenant.

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