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Économie

Canicules et sécheresse ont mis à mal les récoltes françaises

Tomates, maïs, volailles, l’agriculture française encaisse un été extrême. Le gouvernement promet des mesures d’urgence le 3 septembre.

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Canicules et sécheresse ont mis à mal les récoltes françaises

Tomates, maïs, volailles, l’agriculture française encaisse un été extrême. Le gouvernement promet des mesures d’urgence le 3 septembre.

Les producteurs qui n’ont pas assez d’eau pour irriguer sont les grandes victimes de cet été. Les Bretons, dont les parcelles sont rarement équipées, et les Nantais, à sec dès la mi-juillet, en savent quelque chose. Tomates et salades ont manqué, ce qui a poussé les prix vers le haut. L’ail, l’échalote, les choux et même les semis de carottes dans les Landes ont aussi souffert. Selon Légumes de France, les effets de ces 70 jours de conditions extrêmes vont se faire sentir jusqu’à la fin de la campagne 2026. Pour répondre à l’urgence, la ministre Annie Genevard réunira les préfets de toute la France jeudi, avant de présenter un plan de mesures le 3 septembre.

Le bilan est plus nuancé pour les fruits. Pêches, abricots, cerises, fraises et melons se sont bien comportés, avec une offre normale et de bonnes qualités. Les mirabelles de Lorraine s’annoncent généreuses. En revanche, le pruneau perd entre 10% et 100% de sa production selon les vergers, avec des branches entières brûlées. Les pommes devraient voir leur récolte chuter d’environ 20%, surtout chez les variétés précoces. Les arboriculteurs équipés de systèmes d’aspersion ont limité la casse. Le raisin, lui, hésite entre précocité, retards de maturité et épisodes de grêle.

Les grandes cultures prennent cher. Le maïs, dont le pollen a grillé en pleine floraison, voit sa production reculer de 35%, un niveau jamais vu depuis 1980. Le blé tendre tombe sous sa moyenne des cinq dernières années, avec des rendements en baisse de 1,7% dans l’ensemble et de plus de 15% dans certaines régions. La qualité reste bonne, heureusement. Les pommes de terre perdent 23% de leur volume, le plus faible rendement depuis trente ans, pour une perte d’au moins 400 millions d’euros. Les betteraves sucrières prévoient aussi -20%. Et l’herbe des prairies a arrêté de pousser dès la fin mai, forçant les éleveurs à puiser dans les réserves de foin prévues pour l’hiver. Patrick Bénézit, de la Fédération nationale bovine, demande l’ouverture du fonds de solidarité lié à l’assurance agricole. Sinon, prévient-il, on pourrait voir le cheptel chuter fortement dans les prochains mois.

Les volailles n’ont pas été épargnées. La canicule de juin a été meurtrière en Bretagne et dans les Pays de Loire, où plus de trois millions de volailles de chair et 700.000 poules pondeuses sont morts. Cela représente moins de 2% du cheptel, et c’est mieux qu’en 2003 grâce aux préparatifs des éleveurs. Les poules restantes pondent des œufs un peu plus légers, d’un ou deux grammes, et la production a ralenti. Rien de dramatique, car la consommation estivale est plus faible. Mais sur un marché tendu, des tensions locales d’approvisionnement peuvent apparaître. La question qui inquiète pour l’automne concerne les coûts de production, si les céréales restent chères et rares.

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