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Économie

La sécheresse assouplit les règles de l’Abondance, du Beaufort et du Comté

Les éleveurs de fromages AOP peuvent souffler un peu. Face aux prairies desséchées, le gouvernement autorise des dérogations pour nourrir les vaches.

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La sécheresse assouplit les règles de l'Abondance, du Beaufort et du Comté

Les éleveurs de fromages AOP peuvent souffler un peu. Face aux prairies desséchées, le gouvernement autorise des dérogations pour nourrir les vaches.

Le gouvernement lève temporairement le pied sur trois fromages de montagne bien connus. Abondance, beaufort et comté vont pouvoir se produire avec des règles assouplies, grâce à des arrêtés parus au Journal officiel. La raison tient à la sécheresse qui a frappé cet été et compliqué la vie des éleveurs laitiers. Ceux-ci devaient trouver de quoi nourrir leurs bêtes sans enfreindre les cahiers des charges.

Le problème vient de l’appellation d’origine protégée. Ce label européen impose que les vaches soient nourries principalement avec de l’herbe venant d’une zone bien précise, les Alpes pour l’abondance et le beaufort, le massif du Jura pour le comté. Or les pâturages ont souffert du manque de pluie et la production d’herbe a chuté. Des dérogations exceptionnelles ont donc été accordées. Les éleveurs d’abondance peuvent réduire nettement la part d’herbe pâturée et se tourner vers du fourrage extérieur à la zone. Ceux de beaufort ont le droit de baisser la quantité de foin et d’herbe locaux et d’ajouter davantage d’aliments complémentaires. Côté comté, la souplesse est plus étroite, avec du maïs vert qui peut être importé d’autres exploitations jusqu’à la fin octobre.

Cette décision ne tombe pas du ciel. Au début du mois d’août, la pousse des prairies permanentes était inférieure d’un tiers à la moyenne des trente dernières années, selon les chiffres du ministère de l’Agriculture. Le même ministère décrivait une situation fourragère très dégradée dans presque toutes les régions. L’Institut national de l’origine et de la qualité ne cache pas son inquiétude et parle d’une sécheresse historique. D’autres fromages AOP ont d’ailleurs reçu des autorisations temporaires similaires, comme le reblochon, le cantal, le bleu d’Auvergne ou la fourme d’Ambert. Certaines restent en attente de publication au Journal officiel. Et ce n’est pas une première, des dérogations du même type avaient déjà été débloquées après la sécheresse de 2022.

Les difficultés ne se limitent pas aux fromages. Les tomates et les pommes souffrent, les prairies sont grillées, la ponte des poules ralentit. Les canicules à répétition et le manque d’eau pèsent sur l’ensemble de la production agricole, sans que l’on sache encore précisément ce que cela changera sur les coûts et les prix. Le gouvernement ne reste pas les bras croisés. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, doit réunir les préfets pour un premier bilan des pertes et annoncer un plan d’urgence le 3 septembre.

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