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La Syrie respire après son retrait de la liste américaine du terrorisme

Les États-Unis ont retiré la Syrie de leur liste des pays soutenant le terrorisme. Une décision que Damas voit comme un tremplin vers la reconstruction et…

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La Syrie respire après son retrait de la liste américaine du terrorisme

Les États-Unis ont retiré la Syrie de leur liste des pays soutenant le terrorisme. Une décision que Damas voit comme un tremplin vers la reconstruction et les investissements.

Le président syrien Ahmad al-Chareh n’a pas caché son soulagement. Pour lui, cette décision de Washington signifie que son pays peut enfin regarder devant lui. Il parle d’un « lourd fardeau » qui disparaît et d’une page douloureuse qui se tourne. Le chemin vers le développement et la reconstruction est désormais ouvert, affirme-t-il. Il a remercié chaleureusement Donald Trump et tous les pays qui ont soutenu la Syrie dans ce processus.

Ce retrait met fin à 47 ans de mise à l’écart. Depuis 1979, la Syrie figurait sur cette liste noire américaine pour son appui à des factions palestiniennes armées et à d’autres groupes au Liban. Les sanctions se sont ensuite durcies, surtout après le déclenchement de la guerre civile en 2011, à cause des liens de Bachar al-Assad avec l’Iran et du soutien au Hezbollah. Elles ont longtemps freiné les investissements étrangers et coupé le pays du circuit économique mondial.

Aujourd’hui, les États-Unis veulent encourager le secteur privé à revenir. Le secrétaire d’État Marco Rubio a expliqué que cette mesure élimine les derniers grands obstacles à l’investissement en Syrie. Concrètement, des banques étrangères pourraient ouvrir des succursales, les transferts d’argent seraient plus faciles et les technologies de base pourraient entrer. L’économiste Ammar Youssef y voit une « ouverture économique » et un retour de la Syrie sur la carte mondiale. Mais il prévient que tout dépendra des mesures que prendront les autorités syriennes pour tirer profit de cette avancée.

L’enjeu est de taille. La reconstruction des infrastructures dévastées par plus de dix ans de guerre coûterait plus de 216 milliards de dollars. Damas cherche désespérément des investisseurs pour financer ce chantier colossal. Jusqu’ici, les fonds arrivaient lentement, malgré une relative stabilité retrouvée. Ce geste américain pourrait changer la donne. Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani parle d’une « étape historique » et d’une preuve de l’engagement du pays en faveur de la paix. Son homologue des Finances, Mohammed Barnieh, évoque une « voie majeure » vers l’intégration économique et financière mondiale.

La Turquie, principal soutien des nouvelles autorités de Damas, s’est aussi réjouie de ce nouvel élan. Washington est allé plus loin en rayant de sa liste des groupes terroristes l’ancienne formation islamiste Hayat Tahrir al-Sham, dirigée par le président syrien. Ce groupe, issu d’une ex-branche d’Al-Qaïda, avait rompu avec l’organisation en 2016. Le geste américain confirme un rapprochement spectaculaire et ouvre une nouvelle page pour la Syrie, même si les défis économiques et politiques restent immenses.

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