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Meta paie 16,7 milliards pour calmer les Etats-Unis et verrouiller Instagram et Facebook pour les ados

La maison mère d’Instagram et de Facebook accepte de limiter drastiquement l’usage de ses réseaux sociaux par les mineurs et sort un chéquier géant pour…

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Meta paie 16,7 milliards pour calmer les Etats-Unis et verrouiller Instagram et Facebook pour les ados

La maison mère d’Instagram et de Facebook accepte de limiter drastiquement l’usage de ses réseaux sociaux par les mineurs et sort un chéquier géant pour éteindre des poursuites lancées par une cinquantaine d’Etats américains.

C’est un accord colossal qui vient d’être déposé devant la justice californienne. Meta va débourser jusqu’à 16,7 milliards de dollars pour mettre fin aux procédures engagées par une quarantaine d’Etats américains, qui accusaient le géant d’avoir conçu des applications addictives pour les adolescents et d’avoir minimisé les risques sur leur santé mentale. Le groupe devra aussi transformer ses services pour les moins de 18 ans, avec un mode nuit, une limitation du temps d’écran et un contrôle parental renforcé. L’accord concerne 51 Etats et territoires, mais doit encore être validé par le juge. Le Nouveau-Mexique et la Floride refusent de signer et poursuivent leurs actions.

Concrètement, les adolescents des Etats signataires verront leur compte Instagram et Facebook bloqué par défaut entre minuit et six heures du matin, hors messagerie. Les notifications seront coupées de vingt-deux heures à sept heures, ainsi que pendant les cours. Dans un délai de six mois, ils ne pourront plus passer plus de deux heures par jour cumulées sur les deux applications. Les compteurs de likes seront masqués et les filtres qui imitent la chirurgie esthétique seront désactivés. Seul un parent pourra assouplir ces réglages, à condition de relier son propre compte à celui de l’adolescent. Un auditeur indépendant devra vérifier que Meta applique bien ces règles. Et si des concurrents comme TikTok, Snap ou YouTube acceptaient des contraintes équivalentes, ces limites pourraient même devenir plus strictes, avec un blocage dès vingt-deux heures. Le directeur juridique de Meta le dit lui-même, les ados circulent entre des dizaines d’applications et il faudrait une solution commune à toute l’industrie.

Sur les 16,7 milliards annoncés, 11,7 milliards sont garantis et seront versés en dix annuités jusqu’en 2035. Les cinq milliards restants ne seront dus que si les autres grandes plateformes sociales acceptent de se soumettre aux mêmes exigences. Dans le même paquet, Meta verse aussi 459 millions de dollars à 46 Etats pour solder tous les griefs liés au scandale Cambridge Analytica, ce cabinet britannique qui avait récupéré en 2016 les données de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook à des fins électorales.

L’accord ne vaut pas reconnaissance de responsabilité. Meta continue de contester les faits, mais le procureur général de Californie, Rob Bonta, se réjouit de voir les réseaux sociaux devenir moins dangereux pour les enfants. Les mesures annoncées s’ajoutent aux « comptes ados » lancés en 2024, dont les réglages restrictifs étaient pourtant rarement utilisés. Lors des audiences à Oakland, le patron d’Instagram, Adam Mosseri, a dû admettre qu’il avait présenté favorablement un outil de pause alors que le groupe savait que seuls un ou deux pour cent des mineurs l’activaient.

Mark Zuckerberg, lui, devait comparaître dans cette affaire. Son groupe a déjà été condamné plusieurs fois ces derniers mois. En mars, un jury de Los Angeles l’a jugé responsable, aux côtés de YouTube, de l’addiction d’une adolescente, avec six millions de dollars à la clé. Au Nouveau-Mexique, Meta a écopé de près d’un milliard de dollars d’amendes et de réparations. Le groupe a fait appel des deux décisions. Et des centaines de procédures restent en cours, portées par des jeunes et des districts scolaires qui reprochent à Meta, mais aussi à Snap, TikTok et YouTube, d’avoir accentué les troubles psychologiques et comportementaux de toute une génération.

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