Économie
Une banque allemande épinglée pour un prêt à une gigantesque maison close
Le régulateur financier allemand s’intéresse de près à un prêt accordé par une banque régionale pour l’achat du Pascha, l’un des plus grands lupanars…


Le régulateur financier allemand s’intéresse de près à un prêt accordé par une banque régionale pour l’achat du Pascha, l’un des plus grands lupanars d’Europe. Le soupçon porte sur une éventuelle commission occulte versée à un dirigeant.
L’affaire a éclaté lorsque la BaFin, l’autorité de contrôle financière allemande, a demandé des comptes à la Volksbank Koeln Bonn. Au centre de l’interrogatoire, un prêt accordé en 2021 pour financer l’acquisition du Pascha, une immense maison close située à Cologne. La prostitution y est légale, mais le montage financier intrigue. Le régulateur veut savoir si une commission occulte a été versée à un membre du conseil d’administration de la banque. Celui-ci aurait-il profité personnellement de l’opération ? La banque a réagi en confiant une enquête indépendante à un cabinet d’avocats dès le mois de juillet.
Le dirigeant visé s’appelle Juergen Neutgens. Il siège au conseil d’administration depuis 2018, l’un des trois membres. Il est soupçonné d’avoir tiré un avantage personnel de cette transaction. La banque a annoncé qu’il serait en congé pendant la durée des investigations. Son avocat, Markus Lehmkuehler, a répondu par écrit. « Mon client n’a reçu aucun paiement à aucun moment », affirme-t-il. Il ajoute que l’enquête démontrera que les accusations sont sans fondement. Neutgens lui-même a nié toute faute. Son nom a été révélé après une tentative de contact via le réseau LinkedIn, un détail qui a alimenté les curiosités.
Ce qui surprend dans cette affaire, c’est le profil de la banque. Les Volksbanken sont des banques coopératives, détenues par leurs membres. Elles constituent un pilier du système financier allemand et se montrent généralement très prudentes avec leur image. Accorder un prêt à un investisseur étranger pour racheter une maison close, c’est déjà inhabituel. Mais le soupçon de commission occulte change tout. Une source proche du dossier indique que la BaFin s’intéresse particulièrement à ce versement. Elle cherche à savoir qui a reçu cet argent et pourquoi. De son côté, l’investisseur chinois Hu Jing, identifié dans les documents, n’a pas répondu aux sollicitations. Un de ses avocats en Allemagne a simplement déclaré qu’il n’y avait aucune indication que le propriétaire ou l’exploitant du Pascha fasse l’objet d’une enquête.
Le directeur actuel du Pascha, André Wienstroth, assure que sa société loue les locaux et n’a rien à voir avec le prêt. Une information que rien ne confirme pour l’instant. Au-delà du cas individuel, ce dossier pose la question des financements sensibles pour ces banques régionales qui évitent habituellement les opérations risquées. Même les institutions les plus prudentes peuvent se retrouver dans la tourmente. Reste à savoir ce que l’enquête interne révélera.
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