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Roland-Garros se transforme en ring politique pour les prétendants à l’Élysée

Le Medef réunit sept candidats sur le court central pour un débat économique très attendu. Retraites, dette publique et fiscalité s’annoncent au programme…

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Roland-Garros se transforme en ring politique pour les prétendants à l'Élysée

Le Medef réunit sept candidats sur le court central pour un débat économique très attendu. Retraites, dette publique et fiscalité s’annoncent au programme de cette rencontre hors norme.

La terre battue va entendre autre chose que des balles de tennis. Jeudi, l’organisation patronale investit le temple du sport français pour organiser un face-à-face inédit entre les principaux candidats à la présidentielle. L’événement, prévu en fin d’après-midi pour une durée de deux heures trente, sera retransmis en direct par la chaîne LCI. Ce ne sont pas des joueurs qui s’affronteront mais des ambitions politiques, sous l’arbitrage de la journaliste Amélie Carrouër.

Le casting a de quoi attirer les foules. La favorite des sondages Marine Le Pen croisera le fer avec Jean-Luc Mélenchon, dont la dynamique actuelle pourrait lui ouvrir les portes du second tour. Autour d’eux, le duo du bloc central composé d’Édouard Philippe et Gabriel Attal, le social-démocrate Raphaël Glucksmann, le président des Républicains Bruno Retailleau et l’écologiste Marine Tondelier complètent l’affiche. Cinq chefs d’entreprise interpelleront les candidats sur des sujets concrets la dette publique, la réindustrialisation, le coût du travail, les normes et la fiscalité. Les prétendants auront aussi la possibilité de se répondre directement, un format qui ravit Marine Tondelier, impatiente de voir tout ce petit monde descendre dans l’arène.

Les positions défendues ce jour-là seront observées à la loupe. À moins de huit mois du premier tour, les sondages dessinent une lutte acharnée pour décrocher une place en finale. Marine Le Pen, seule à faire figure de qualifiée assurée pour l’instant, n’entend pas dévoiler de nouvelles mesures. Son entourage indique qu’elle préfère exposer sa vision de l’économie et un programme jugé parfois mal compris. Mais sa position sur les retraites pourrait être une source de friction, elle qui défendait encore récemment un retour à 62 ans, voire 60 ans pour les carrières précoces. Jean-Luc Mélenchon, crédité d’une progression dans les enquêtes d’opinion, devra quant à lui justifier son projet d’annulation d’une partie de la dette publique, une idée qui suscite de vives critiques à droite et dans le monde patronal.

Les duels dans le duel promettent d’être tout aussi savoureux. Édouard Philippe et Gabriel Attal, tous deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron, vont tenter de se départager pour savoir qui incarnera le mieux le centre au printemps. Le premier devra préciser sa réforme des retraites pendant que le second mettra l’accent sur les salaires. Raphaël Glucksmann, candidat déclaré depuis seulement quelques jours, profitera de cette tribune pour se faire connaître avant la primaire organisée avec le Parti socialiste en octobre. Bruno Retailleau, lui, a déjà promis de baisser les droits de succession, une réponse directe à la gauche qui veut taxer davantage les gros héritages.

Passé ce rendez-vous, chacun retournera à sa campagne. Mais Marine Tondelier ne compte pas en rester là. Elle réclame déjà un grand débat télévisé consacré à l’écologie, après un été marqué par les incendies. Selon elle, cette rencontre au Medef ne doit pas être la seule de la rentrée. Les prochains jours s’annoncent chargés avec l’université d’été du PS qui s’ouvre vendredi à Blois, preuve que la campagne ne fait que commencer.

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