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Ratko Mladic, le boucher de Srebrenica, est mort en prison

L’ancien général serbe de Bosnie est décédé à La Haye, où il purgeait une peine à perpétuité. Il reste dans les mémoires comme le visage du massacre de…

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Ratko Mladic, le boucher de Srebrenica, est mort en prison

L’ancien général serbe de Bosnie est décédé à La Haye, où il purgeait une peine à perpétuité. Il reste dans les mémoires comme le visage du massacre de Srebrenica.

L’ancien commandant des forces serbes de Bosnie est mort jeudi à La Haye. Gravement malade depuis des mois, il venait d’essuyer un dernier refus. Sa famille et le gouvernement serbe avaient demandé son transfert vers un hôpital militaire de Belgrade. La justice internationale a dit non. Son âge exact faisait débat, entre 1942 et 1943.

Dans l’histoire des guerres yougoslaves, son nom reste lié à Srebrenica. En juillet 1995, ses troupes ont trié la population de l’enclave. D’un côté, les femmes et les enfants. De l’autre, les hommes et les adolescents. Ces derniers ont été conduits dans une forêt et exécutés. Environ 8 000 Bosniaques musulmans ont perdu la vie. C’était la pire tuerie en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les corps ont été jetés dans des fosses communes, parfois déterrés puis déplacés pour tenter d’effacer les preuves. Les images de l’époque montrent Mladic distribuant des bonbons à des enfants, peu avant ce tri. Les rares survivants ont livré des récits de meurtre, de torture et de viol.

Le conflit a duré de 1992 à 1995 et a fait environ 100 000 morts, avec plus de deux millions de déplacés. Mladic n’était pas seul dans cette entreprise. Il formait avec Slobodan Milosevic et Radovan Karadzic un trio qui a plongé l’ex-Yougoslavie dans le chaos après la fin du communisme. Son projet de Grande Serbie passait par le déplacement forcé des populations. Les juges ont parlé de nettoyage ethnique. Lui n’a jamais accepté ce qualificatif. Il se décrivait comme une cible de l’Otan et traitait le tribunal de La Haye d’enfant des puissances occidentales.

Après son inculpation en 1995, il a échappé aux recherches pendant seize ans. L’armée serbe l’a longtemps protégé. Il menait une vie confortable et certains de ses compatriotes le considèrent encore comme un héros. La chute de Milosevic a pourtant changé la donne. Arrêté en 2011, il a été jugé à La Haye. En 2017, il a été condamné à la prison à vie. La peine a été confirmée en appel en 2021. Les juges ont estimé que ses crimes comptaient parmi les plus odieux de l’histoire de l’humanité. Un ancien haut-commissaire de l’ONU l’a qualifié d’incarnation du mal. Il restera à jamais lié à Srebrenica.

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