Europe
Ceuta sous pression, Madrid lance un appel au calme
Un mois après l’arrivée massive de migrants dans l’enclave espagnole, la colère monte dans les rues. Le gouvernement tente de calmer le jeu alors que les…


Un mois après l’arrivée massive de migrants dans l’enclave espagnole, la colère monte dans les rues. Le gouvernement tente de calmer le jeu alors que les incidents se multiplient.
Les habitants de Ceuta n’en peuvent plus. Depuis cet afflux brutal venu du Maroc, la petite ville espagnole du nord de l’Afrique vit au rythme des manifestations et des échauffourées. Le gouvernement central et les autorités locales ont beau demander de la mesure, la tension ne retombe pas. Elle se transforme même en défiance envers Madrid.
Mercredi soir, des milliers de Ceutiens sont descendus dans la rue. La police a dû lancer des gaz lacrymogènes pour empêcher que la foule ne s’en prenne à des migrants installés sur une plage. Le lendemain à l’aube, un véhicule militaire avec quatre soldats à bord a été attaqué par environ 70 personnes qui leur ont jeté des pierres. Les militaires ont réussi à fuir et à appeler les forces de l’ordre. Douze personnes ont été interpellées et un soldat a été légèrement blessé.
Sur le terrain, la misère reste visible partout. Ceux qui sont restés après le premier choc dorment dans des abris de fortune, sur le sable ou dans les rues, sans accès régulier à l’eau, à la nourriture ou à des sanitaires. Les chiffres divergent fortement. Le gouvernement évalue entre 3 500 et 7 000 le nombre de migrants encore présents, alors que les autorités locales parlent d’au moins 10 000 personnes. Cette différence illustre à quel point la situation échappe à tout contrôle précis.
Madrid essaie maintenant de reprendre la main. Un commandement unique a été confié au ministre de la Politique territoriale pour accélérer les renvois vers le Maroc. Des renforts vont arriver pour identifier les migrants, déterminer qui peut demander l’asile et qui doit être reconduit à la frontière. Les mineurs non accompagnés, nombreux dans la ville, doivent recevoir une protection particulière. Le gouvernement a débloqué 25 millions d’euros supplémentaires pour leur prise en charge, tout en rappelant que chaque renvoi d’enfant doit respecter une procédure juridique exigeante.
L’opposition, elle, attise la colère. Le leader du Parti populaire dénonce une crise de l’ordre public qui s’aggrave chaque jour et accuse le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez d’avoir abandonné les Ceutiens. La conseillère aux Finances de la ville, Kissy Chandiramani, appelle à la non-violence malgré le sentiment d’isolement. Elle rappelle que la colère doit s’exprimer dans le calme, car la crispation actuelle ne mène à rien. Mais sur place, chacun sent que Ceuta attend une réponse concrète, pas seulement des mots.
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