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Au Népal, un mur de boue engloutit toute une ville et laisse des centaines de familles sans nouvelles

Une coulée d’eau et de boue a rayé de la carte une localité népalaise proche de la frontière chinoise. Les secours recherchent encore plus de 800 disparus…

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Au Népal, un mur de boue engloutit toute une ville et laisse des centaines de familles sans nouvelles

Une coulée d’eau et de boue a rayé de la carte une localité népalaise proche de la frontière chinoise. Les secours recherchent encore plus de 800 disparus alors que le bilan dépasse déjà 277 morts.

Omkar Joshi a vu sa vie basculer en quelques minutes. Mercredi, ce jeune agent des douanes a entendu un grondement monstrueux monter de la vallée. Le fleuve avait débordé et dévalait la montagne comme une bête furieuse. Il a couru se réfugier sur une colline, tout comme des centaines d’autres habitants de Timure, son village. Aujourd’hui, il parle de sa ville comme d’un immense cimetière. Selon lui, neuf personnes sur dix qui y vivaient ont été emportées. Il ne reste que du sable, des pierres et le rouge du sang mêlé à la boue.

La nuit a été interminable sous des pluies torrentielles. Omkar a fini par être hélitreuillé vers un camp de fortune installé dans la ville voisine de Bidur. Depuis l’aube, les hélicoptères militaires tournent sans relâche. Chaque appareil dépose sur un terrain de football des grappes de rescapés, hébétés, arrachés à une catastrophe qui a lessivé toute la région. Autour du camp, des habitants s’accrochent aux barbelés, espérant reconnaître un visage aimé parmi les nouveaux arrivants. Sita BK, 37 ans, attend des nouvelles de son frère, instituteur à Timure. Elle lui a parlé la veille au matin. Depuis, son téléphone reste muet. Les autorités lui demandent de patienter, mais elle sent bien que le temps joue contre elle.

Anisha Nepali, 24 ans, a fait le trajet depuis Katmandou dès mercredi après-midi. Sa mère et son frère sont portés disparus. Elle a donné leurs noms aux secouristes, puis plus rien. Dans le camp, deux écolières en uniforme vert sortent d’un hélicoptère. Un sauveteur leur caresse la tête, leur offre des biscuits et de l’eau, puis leur demande doucement où elles se trouvaient quand la vague a frappé. Plus en aval, le village de Devighat n’est plus qu’un champ de ruines. Sur la centaine de maisons qui bordaient la rivière Trishuli, une seule tient encore debout. Ses sept occupants ont été ensevelis sous le flot de boue. Sabir Miyan, un résident, raconte que la vie sauve de beaucoup tient à un simple coup de téléphone. Les gens ont été alertés avant que la vague n’arrive. Tout le monde a fui à temps, mais tout a été détruit. Leur passé, leurs maisons, leurs souvenirs reposent désormais sous la boue.

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