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Le vacarme des routes laisse des traces sur la santé mentale des enfants
Des chercheurs français ont suivi 8 000 enfants de la naissance à leurs 10 ans. Leur conclusion est sans appel, le bruit du trafic routier aggrave les…


Des chercheurs français ont suivi 8 000 enfants de la naissance à leurs 10 ans. Leur conclusion est sans appel, le bruit du trafic routier aggrave les difficultés émotionnelles et comportementales des plus jeunes.
On pense souvent à la pollution de l’air quand on parle de la circulation. Mais il y a une autre nuisance tout aussi omniprésente, le bruit. Loin d’être un simple désagrément, il s’impose désormais comme un vrai sujet de santé publique. Une équipe de l’Inserm, menée par l’épidémiologiste Eloi Chazelas, a analysé le quotidien de milliers d’enfants français pour comprendre ce que le vacarme des voitures, des trains et des avions fait à leur psyché.
Les résultats publiés par ces chercheurs montrent un lien clair. Un enfant qui grandit près d’une route très passante présente davantage de signes d’anxiété, de difficultés relationnelles ou de troubles de l’attention à l’âge de dix ans. L’étude a suivi 8 000 jeunes de leur naissance jusqu’à cette période charnière de l’enfance. Les expositions les plus fortes au bruit routier, notamment à deux mois et à cinq ans et demi, semblent particulièrement associées à des problèmes avec les pairs. Curieusement, cet effet disparaît lorsque l’exposition maximale survient vers trois ans. Une piste pour les scientifiques, la vulnérabilité au bruit évoluerait au fil du développement de l’enfant. Mais ils restent prudents, de nouvelles recherches seront nécessaires pour confirmer cette hypothèse.
Le bruit des avions et des trains, lui, ne donne pas de résultats concluants dans cette enquête. Sans doute parce que bien moins d’enfants vivent dans ces environnements sonores. La route reste la nuisance la plus répandue et la plus étudiée. Une grande enquête finlandaise avait déjà alerté l’an dernier, après avoir suivi plus de 100 000 adolescents. Elle montrait que vivre dans un secteur où le trafic routier dépasse 53 décibels augmentait le risque de dépression et de troubles anxieux. Un seuil bien inférieur à ce qu’on imagine, qui correspond au bruit de fond d’une rue animée.
Faut-il pour autant déménager dès qu’une voiture passe sous la fenêtre ? Non, insistent les auteurs de l’étude française. L’ampleur des effets reste modeste à l’échelle individuelle. Mais ce constat change tout au niveau collectif. Avec un Européen sur cinq exposé à des niveaux de bruit excessifs, la note devient salée pour la société entière. L’Union européenne visait pourtant une réduction de la pollution sonore d’ici 2030. Selon la Cour des comptes européenne, cet objectif a peu de chances d’être atteint. Les politiques avancent bien plus lentement pour le bruit que pour la qualité de l’air. Pendant ce temps, des millions d’enfants grandissent dans un vacarme qui façonne leur équilibre, sans que personne n’y prête vraiment attention.
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